/news/law

Un Montréalais en prison pour avoir harcelé des féministes

Michael Nguyen | Agence QMI

Un Montréalais a écopé de quatre mois de prison pour avoir harcelé en ligne des groupes féministes, en louangeant entre autres Marc Lépine sur leurs pages Facebook.

«Un jour, vous allez payer pour tout le mal que vous faites subir aux hommes», avait écrit Alexandre Chebeir sur la page de la campagne Sans oui, c’est non!

Le message était accompagné d’une photo de Marc Lépine, le tristement célèbre auteur de la tuerie à Polytechnique qui a tué 14 femmes en 1989.

«#JeSuisLépine, avait ajouté Chebeir. Nous te vengerons Ô Marc Lépine.»

L’accusé de 24 ans avait aussi écrit au Réseau québécois en études féministes en mettant une photo de Lépine, ajoutant le mot-clic #JeSuisMarc.

«La tragédie à laquelle réfère M. Chebeir dans ses messages a marqué l’histoire de notre société, a commenté le juge Yves Paradis ce jeudi. Elle constitue manifestement le résultat d’une haine envers les femmes.»

Les femmes visées par Chebeir ont été lourdement affectées par ces commentaires misogynes.

«Les références à Marc Lépine lui glacent le sang, considérant la symbolique que représente la tuerie de l’École Polytechnique», a commenté le juge en référence au témoignage d’une des femmes.

Cette dernière avait affirmé que le comportement de Chebeir s’inscrivait dans une «logique misogyne à l’endroit des femmes qui prennent parole dans l’espace public», rappelle le juge dans sa décision.

Le personnel des organismes visés a vécu un stress et un sentiment d’insécurité, et les directions ont pris des mesures pour s’assurer de la sécurité des employés.

«Encore aujourd’hui, la crainte perdure», a noté le magistrat.

Accusé en 2016, Chebeir a finalement plaidé coupable de harcèlement criminel. L’accusé, qui a dit regretter d’avoir effrayé les victimes, espérait toutefois obtenir une absolution afin d’éviter un casier judiciaire.

La Couronne, de son côté, réclamait six mois de prison et trois ans de probation. Compte tenu du dossier, le juge a tranché pour quatre mois d’incarcération et de la probation.

«En invoquant [le drame de Polytechnique], en s’identifiant à son auteur et en dirigeant les messages à de tels organismes, M. Chebeir était nécessairement conscient de l’impact qui serait créé», a noté le juge.

Une fois sorti de prison, Chebeir sera suivi par les agents de probation pendant trois années, durant lesquelles il lui sera entre autres interdit de communiquer avec le personnel du Réseau québécois en études féministes et de la campagne Sans oui, c’est non!