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Coiteux refuse de s'engager à interdire les pitbulls

Patrick Bellerose | Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Le ministre de la Sécurité publique a refusé mardi de s’engager à interdire les pitbulls, se disant plutôt à la recherche d’un consensus entre les deux camps dans ce dossier «polarisant».

«Il y a des gens qui vont insister sur l’importance d’aller jusque-là [bannir les pitbulls], il y a des gens qui vont nous présenter d’autres points de vue. Mon rôle, comme ministre de la Sécurité publique, c’est de m’assurer qu’en fin de parcours, on ait le meilleur régime d’encadrement possible», a affirmé Martin Coiteux, quelques heures avant le début de la commission parlementaire sur le projet de loi visant à encadrer les chiens dangereux.

Pourtant, au moment de présenter le projet de loi, en avril 2017, le ministre avait été catégorique: «Dès la mise en application de ce projet de loi, le gouvernement, on vous annonce tout de suite notre intention, on va interdire les chiens de type pitbull.»

L’interdiction devait se faire par règlement après l’adoption du projet de loi.Le ministre Coiteux reconnaît que le débat soulève les passions dans les deux camps. «Je le sais, ce n’est pas un projet de loi qui est accueilli de la même façon, unanimement, par tous les Québécois. C’est un projet de loi qui est polarisant», a-t-il convenu.

«On ne va pas se cacher, on ne va pas se mettre des lunettes roses, a-t-il ajouté. Mais on va en consultation, parce qu’on veut aller de l’avant.»Martin Coiteux assure qu’il aborde ces consultations «avec ouverture d’esprit». «Je ne sais pas s’il est possible de faire un consensus très large, mais il est peut-être possible de trouver un point de ralliement», a-t-il dit.

Par ailleurs, le ministre ne peut garantir que le projet de loi sera adopté à temps pour la fin de la session parlementaire, la dernière avant les élections générales. «Si on est capables de trouver des points de ralliement et des façons de travailler avec les oppositions qui nous permettent d’y arriver, c’est mon souhait qu’on le fasse», a dit Martin Coiteux.

Opposition

L’étude du projet de loi 128 survient quelques mois après que Montréal ait suspendu son règlement municipal qui interdisait la présence de pitbulls sur son territoire. La nouvelle mairesse, Valérie Plante, souhaite encadrer les propriétaires de chiens, plutôt que d’interdire une race en particulier. La Ville de Laval s’oppose également à une interdiction basée sur la race.

Lors de cette première journée d’audience en commission parlementaire, le ministre Coiteux devait entendre Lise Vadnais, dont la sœur Christiane a été tuée en juin 2016 par un chien associé à la famille des pitbulls, un American Staffordshire Terrier.

Malgré les deux ans qui se sont écoulés depuis le décès de sa sœur et l’opposition de nombreux groupes, Lise Vadnais espère que le gouvernement ira de l’avant avec l’interdiction des pitbulls. «Avec tout ce qu’on apporte comme preuve, je ne crois pas qu’il peut reculer», a-t-elle dit.

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