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Un violent proxénète a profité d’une fugueuse de 15 ans

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Andy Dean - stock.adobe.com

Un violent proxénète qui a forcé une jeune fugueuse de 15 ans à se prostituer jusqu’à 900 fois en trois mois écopera au minimum de cinq années derrière les barreaux.

«La victime était en fugue d’un Centre jeunesse. À l’été 2013, elle s’est prostituée à Montréal, Ottawa et Calgary», a expliqué la juge Patricia Compagnone en déclarant coupable l’accusé Samuel Jacques, lundi au palais de justice de Montréal.

Jacques, un père de famille de 36 ans, a été reconnu coupable d’une kyrielle d’accusations de proxénétisme, ainsi que de vol qualifié, de menaces, de faux et d’utilisation de faux, sur une adolescente de Québec.

À l’époque, la jeune fugueuse dansait parfois nue dans la capitale nationale lorsqu’elle a déménagé à Montréal, où elle a rencontré le proxénète. Selon les témoignages entendus au procès, Jacques est «venu à la rescousse» de l’adolescente qui s’était retrouvée dans un logement infesté de punaises de lit.

«La victime était presque sans domicile fixe, elle n’avait aucune autre ressource que l’accusé», a rappelé la magistrate.

900 relations sexuelles

Comme la jeune femme était mineure, Jacques lui a alors fabriqué de fausses pièces d’identité et l’a alors aidée à se prostituer. Selon la preuve présentée au procès, elle pouvait avoir une dizaine de clients quotidiennement.

Sur les trois mois de prostitution, cela équivaut donc à environ 900 relations sexuelles.

«Jacques a abusé de cette relation», a commenté le procureur à la Couronne Jean-François Roy.

L’adolescente a également été victime de violence, de la part de Jacques, mais aussi d’un autre proxénète proche de l’accusé. À cette occasion, elle avait été gravement battue et abandonnée dans une chambre d’hôtel à Montréal.

Fuite grâce à de l’argent caché

Son calvaire a pris fin lorsqu’elle s’est enfuie avec un peu d’argent qu’elle avait caché dans le climatiseur de la chambre d’hôtel où elle recevait les clients.

Depuis, la femme a continué la prostitution et elle a elle-même été arrêtée pour proxénétisme. Mais cela n’a rien changé au sort de Jacques, qui a clamé sans succès son innocence tout au long du procès.

«Il cherche à paraître sous son meilleur jour et minimise son implication», a noté la juge.

Juste après le verdict de culpabilité, Jacques a vu sa liberté sous caution révoquée.

Son avocat Alexandre Paradis a tenté de plaider que son client était père d’une jeune fille et qu’il avait toujours respecté ses conditions afin de le garder à l’air libre d’ici la sentence, mais sans succès.

«Vous n’êtes plus présumé innocent», a expliqué la juge à l’accusé.

Samuel Jacques reviendra à la cour à la fin du mois, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer. Il risque un minimum de cinq ans de pénitencier.

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