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Le PQ abandonnera le REM s’il est élu

Nadia Lemieux | Agence QMI

L'idée du Parti québécois (PQ) de larguer le train de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) s'il est porté au pouvoir au profit d'une stratégie de transport en commun qui couvre tout le grand Montréal et qui comprend notamment un réseau de tramways a été froidement accueillie à Montréal.

«Il n’est pas question d’abandonner [le REM]», a lancé la mairesse Valérie Plante. Elle a précisé que son administration collaborait depuis plusieurs mois avec la CDPQ pour bonifier ce projet «qui vient répondre à énormément de besoins.»

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a présenté mardi la stratégie de son parti en matière de transport pour la région métropolitaine de Montréal, appelée «Grand Déblocage».

 

Cette stratégie, comportant 21 projets de transport en commun, est présentée comme une solution de rechange au REM de la Caisse de dépôt.

Pour financer ce plan, le PQ mise sur le transfert des 7,4 milliards $ prévus originalement pour la réalisation du REM.

Le PQ estime que la congestion routière pourrait être réduite de 10 % grâce à sa stratégie puisque 133 000 voitures pourraient être éliminées de la région métropolitaine de Montréal d’ici 2025. Le parti établit également que son plan réduirait de 280 000 tonnes les gaz à effet de serre émis annuellement.

Contrats déjà alloués

Des contrats ont déjà été alloués par la CDPQ pour le REM, dont la construction doit débuter dès le mois d’avril.

Jean-François Lisée est demeuré muet quant aux coûts à prévoir pour l’annulation de ces contrats, martelant qu’ils sont «confidentiels» et que son parti devra réaliser une vérification diligente s’il est élu.

«On assume totalement le fait qu’on ne le sait pas. [...] Si cette somme est raisonnable, c’est l’État québécois qui va l’assumer, pas les utilisateurs.»

La CDPQ considère que l’abandon du REM est une «question hypothétique», mais évalue qu’il en couterait environ 1 milliard $.

 

Support au REM

«On n’est plus à la période de conceptualisation du REM. On a eu le débat il y a deux ans. On veut que le processus continu», a indiqué la mairesse de Montréal.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a également réitéré l’appui «sans réserve» du milieu des affaires pour le REM. «[C’est] un projet porteur. Il a fait l’objet d’une démarche rigoureuse et il doit aller de l’avant», a déclaré le président et chef de la direction, Michel Leblanc.

Ensemble de la région

L’ex-candidat péquiste et actuel maire de Laval, Marc Demers, s’est montré réceptif à la proposition du PQ qui, pense-t-il, pourra contribuer à réduire le problème de congestion routière, avant de rappeler que le REM apportait «peu de choses» à sa ville.

L'ex-présidente de l'Agence métropolitaine des transports, nommée par le PQ en 1996, et professeure au département d'études urbaines à l'UQAM, Florence Junca-Adenot, a souligné que la proposition péquiste répondait aux besoins de toute la région, et non seulement de l’île de Montréal.

Le Grand Déblocage en bref

- Cinq lignes de tramway sur l’île de Montréal et la Rive-Sud;

- Des nouvelles gares sur cinq des six lignes de trains de banlieue, permettant de rejoindre des municipalités comme Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Hyacinthe, Joliette et Les Cèdres.

- Prolongement du Système rapide par bus (SRB) Pie-IX.

- Ajout de bus rapides sur les autoroutes 20, 30, 13, 15 et 19.

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