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Injonction pour interdire la location Airbnb

Jean-François Racine | Agence QMI

En guerre contre son voisin qui utilise son condominium pour faire de l’hébergement de type Airbnb, un propriétaire du Vieux-Québec demande au tribunal de prononcer une injonction pour faire cesser les activités de location.

La consultation publique de la Ville de Québec sur l’hébergement touristique a permis d’entendre des citoyens exaspérés qui tentent par tous les moyens de retrouver leur tranquillité.

Propriétaire d’un condominium divise depuis sept ans, Frédéric Grégoire vient de demander à la Cour supérieure d’ordonner à son voisin de respecter la vocation de l’immeuble situé sur la rue Christie.

«Cauchemar»

«Les locataires avec lesquels j’ai pu discuter louaient pour une durée entre un et quatre jours. J’ai donc subi pendant plusieurs mois des répercussions extrêmement désagréables. La seule façon de mettre fin à ce cauchemar est de demander une injonction de la cour», précise-t-il dans son mémoire.

Selon M. Grégoire, la location est interdite dans la déclaration de copropriété de l’immeuble. De plus, aucun permis d’hébergement touristique n’a été accordé par la Ville. Il a donc porté plainte.

«La tranquillité de l’immeuble a été fortement atteinte par les va-et-vient incessants, bruyants et inacceptables des locataires à toute heure du jour et de la nuit. Cela a indubitablement affecté ma qualité de vie», ajoute le demandeur, qui a sollicité les services d’une avocate.

Les activités de son voisin amènent également un autre problème puisque leur assureur ne couvre pas les risques associés à de telles activités.

D’après la demande d’injonction obtenue par Le Journal, il pourrait en coûter deux à trois fois plus cher pour s’assurer auprès d’une autre compagnie. Les deux voisins sont les seuls membres du syndicat de copropriété.

Pas assuré

«Si un locataire Airbnb cause un incendie dans un condominium du Vieux-Québec et que cela s’étend sur les immeubles avoisinants, que feront les honnêtes citoyens si leurs assureurs annulent leurs contrats?», s’interroge M. Grégoire, qui songe à quitter le quartier.

Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) recommande effectivement d’appeler son assureur avant de laisser les clés à des «tiers» ou à des inconnus. À défaut de le faire, le droit à une indemnité en cas de sinistre pourrait être refusé.

Mercredi, un autre locataire s’est plaint à la Ville de Québec du comportement de son propriétaire.

L’homme de 75 ans, qui habite la 1re Avenue, affirme avoir demandé l’intervention de la Régie du logement puisque le propriétaire veut l’évincer pour faire de la location de type Airbnb, une activité plus lucrative à ses yeux.

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