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Un seul défibrillateur dans tout le métro de Montréal

Pascal Dugas Bourdon | Agence QMI

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Malgré la recommandation d'un coroner après la mort d’un homme en 2014, il n'y a toujours qu'un seul défibrillateur dans tout le réseau du métro de Montréal, a appris l’Agence QMI.

Le rapport du coroner Jacques Ramsay recommandait que «chaque station puisse avoir accès à une trousse de premiers soins et du matériel de réanimation» après qu’un homme eut trouvé la mort accidentellement à la station Langelier, happé par le métro.

Trois ans plus tard, le seul défibrillateur externe automatisé (DEA) disponible dans le réseau est entre les mains d’un ambulancier d’Urgences-santé, qui patrouille à la station Berri-UQAM, en semaine.

En comparaison, le métro de Toronto a installé un DEA dans chacune de ses stations depuis 2011. Le Manitoba a même une loi qui oblige les sociétés à installer des DEA dans la plupart des lieux publics.

«Chaque délai d’une minute avant la défibrillation diminue le taux de survie de 7% à 10%», a expliqué en entrevue la gestionnaire du programme de réanimation pour le Québec à la Fondation des maladies du cœur, Monia Boutin.

«Lorsqu’on considère cette statistique-là, on comprend l’importance d’avoir un DEA dans des endroits pour le grand public», a-t-elle ajouté.

Mme Boutin souhaite d’ailleurs que les grandes entreprises saisissent l’importance de cet enjeu.

«J’ose espérer que la Société de transport de Montréal va être sensible comme toute autre grande entreprise québécoise qui se respecte, que cette [idée fasse son chemin dans] l’esprit des dirigeants de la STM», a-t-elle dit.

Dans les plans

La STM, qui recense un million de déplacements par jour dans son métro, assure «évaluer la possibilité de doter d’autres stations de défibrillateurs», sans toutefois fixer un objectif de nombre ou d’échéancier.

«En attendant, nous pouvons compter sur la couverture des premiers répondants», a expliqué Amélie Régis, porte-parole à la STM.

Contacté à cet égard, le chef aux opérations chez Urgences-santé, Stefan Overhoff, s’est dit «surpris» d’apprendre qu’aucun DEA n’était à la disposition du public en cas d’accident vasculaire cérébral.

«Assurément, plus il y a de DEA, mieux c’est pour tout le monde. C’est sûr et certain que ça peut sauver des vies. Est-ce que ça serait pertinent d’en avoir dans toutes les stations, assurément», a-t-il indiqué.

Un DEA est une petite machine portative qui...

• analyse le rythme cardiaque de la victime

• détermine s'il faut lui administrer une décharge ou non

• donne des directives sonores ou visuelles pour guider l'utilisateur tout au long du processus

• double les chances de survie lorsqu'il est utilisé dans les premières minutes

• coûte entre 1000 et 2000 $

• peut être utilisé par n’importe qui, mais une formation peut être pertinente

40 000 Canadiens font un arrêt cardiaque chaque année, soit une personne toutes les 13 minutes

En 2013, le gouvernement Harper avait dégagé 10 millions $ pour équiper chacun des quelque 3000 arénas du pays d’un DEA, un objectif que la Fondation des maladies du cœur est parvenue à atteindre