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Crise au Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Jean Houle | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Le manque de ressources provoque une situation de crise au Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Non seulement le personnel est épuisé, mais une centaine d'enfants qui auraient besoin d'une intervention se retrouvent sur une liste d'attente.

En juin 2017, la DPJ du Saguenay-Lac-Saint-Jean avait été blâmée après la mort d'un bambin de 22 mois. Le délai d'intervention avait été trop long.

«Est-ce qu'on attend qu'il y ait un autre décès?» questionne la représentante syndicale des travailleurs sociaux, Nancy Poulin.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) sonne l'alarme. Depuis janvier, la situation s'est dégradée.

«Il y a 100 enfants sur la liste d'attente, et on manque de travailleurs sociaux. Les listes de rappel sont vides.»

La liste d'attente s'explique par l'augmentation des signalements, mais aussi par l'épuisement des travailleurs sociaux, en nombre insuffisant. Le syndicat estime que la Loi 10 du gouvernement Couillard a accentué les problèmes. Quinze travailleurs sociaux supplémentaires seraient nécessaires au Centre jeunesse. Trente employés assument déjà une surcharge de travail.

«Une personne en charge de 20 ou 22 dossiers part en congé de maladie, est remplacée par une autre qui part à son tour, par une troisième puis par une quatrième», déplore Mme Poulin.

Selon l'Alliance, les signalements qui menacent la sécurité physique sont pris en charge rapidement. Les cas jugés moins urgents peuvent attendre jusqu'à trois mois.

«Quand ça saigne pas, ça peut attendre jusqu'à trois mois. Est-ce qu'on est en mesure de remplir nos mandats légaux? Pas tout le temps. Si on ne peut pas intervenir pour assurer le développement d'un enfant, c'est grave!»

Six membres sur 10 de l'Alliance, qui représente 125 professions dans le réseau, disent vivre de la pression au travail.

«On s'est déjà fait dire que certains ne pourront pas prendre leurs vacances», se résigne Yves Tremblay, de l'APTS.

D'ici les élections, le syndicat entreprendra une tournée de tous les députés de la région, y compris Philippe Couillard, pour demander un réinvestissement massif en santé.

«Le gouvernement a coupé 6 millions $, et pour sortir de la crise, on doit ravoir ce 6 millions, et même plus», affirme le répondant politique de l'APTS, Sylvain Sirois.