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Des millions $ pour un virage numérique dans les écoles

Archives Stevens LeBlanc, Agence QMI

Québec poursuit l’injection d’argent frais en éducation, notamment pour favoriser le virage numérique dans les écoles et rémunérer les stagiaires en enseignement. Mais ce budget ne parvient toujours pas à faire oublier les compressions des dernières années, selon plusieurs acteurs du réseau.

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Le gouvernement Couillard consacrera cette année 18,9 milliards $ en éducation et en enseignement supérieur, soit une hausse de 5% par rapport à l’année précédente. Les dépenses seront toutefois à la baisse dès l’an prochain, puisque Québec projette plutôt une augmentation de 3,5% pour les autres années à venir.

Pour l’année 2018-2019, le gouvernement prévoit l’ajout de 163 millions $ supplémentaires dans le réseau - en excluant les sommes déjà annoncées dans la mise à jour économique de novembre 2017 - soit une somme inférieure à l’argent supplémentaire injecté l’an passé.

Virage numérique dans les écoles

Parmi les nouveautés, 168 millions seront consacrés dès septembre 2018 à la réalisation d’un plan d’action numérique en éducation, dont les détails seront dévoilés sous peu. D’ici cinq ans, le budget prévoit des investissements de près d’un milliard $ pour faire de la formation auprès des enseignants et doter les écoles, cégeps et universités d’infrastructures technologiques «d’avant-garde», qui seront choisis par chaque établissement selon les besoins. La programmation informatique sera aussi davantage utilisée en classe, peut-on lire dans les documents budgétaires.

«On veut propulser les écoles encore plus loin avec des sommes très importantes»», a affirmé le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

Futurs profs rémunérés

Pour la première fois, Québec accepte de rémunérer les futurs profs lors de leur dernier stage en enseignement, une mesure évaluée à 15 millions $. Le ministre Proulx y voit «un pas en avant» pour valoriser les enseignants.

Les étudiants, qui réclamaient une compensation financière depuis une dizaine d’années, s’en réjouissent. «On est vraiment content», a lancé Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec.

Québec compense les commissions scolaires comme prévu en leur versant 499 millions $ supplémentaires pour la perte de revenus occasionnés par les modifications apportées au calcul de la taxe scolaire. Le budget prévoit aussi des sommes additionnelles pour la rénovation d’écoles, avec 575 millions $ additionnels sur cinq ans.

De nouvelles embauches déjà annoncées

Tel qu’annoncé l’an passé, Québec poursuit l’ajout de ressources dans les écoles primaires et secondaires, avec 3100 nouvelles embauches prévues en 2018-2019.

Or ces chiffres sont loin de réjouir les syndicats d’enseignants. Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), déplore que Québec ait sorti la «mijoteuse» pour «réchauffer des annonces». Les sommes prévues dans ce budget sont loin de faire oublier les compressions des dernières années en éducation, ajoute-t-il. Avec les sommes projetées, il faudra attendre encore quatre ans avant que la totalité des sommes coupées au cours des dernières années ne soient réinvesties dans le réseau, selon les calculs de la FAE.

Même son de cloche à la Centrale des syndicats du Québec. «On va peut-être corriger l’avenir, mais comment régler le passé?», lance sa présidente, Louise Chabot.

Cégeps et universités

La déception est aussi grande dans le réseau collégial, où on s’attendait à beaucoup plus pour faire oublier les coupes des dernières années. Pour l’année 2018-2019, les cégeps ne récoltent que 5 millions $ d’argent frais, excluant les sommes déjà annoncées l’an passé. «C’est une grande déception, on est les grands oubliés de ce budget», a lancé Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.

De son côté, le réseau universitaire reçoit 50 millions $ additionnels l’an prochain, afin de moderniser la formule de financement actuelle. Au total, les subventions accordées aux universités québécoises augmentent de 6% par rapport à l’an dernier.

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