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Alexandre Bissonnette plaide coupable

Kathleen Frenette | Agence QMI

Alexandre Bissonnette a plaidé coupable mercredi matin aux six chefs d’accusation de meurtre prémédité et aux six chefs de tentative de meurtre qui pesaient contre lui relativement à la tuerie survenue à la Mosquée de Québec en janvier 2017.

«J’ai choisi de plaider coupable. Dans mon cœur, ça fait longtemps que j’y pense. Je veux plaider coupable à l’ensemble des accusations pour éviter un procès... éviter aux victimes et aux familles de revivre la tragédie», a-t-il dit.

Cette décision, Bissonnette, 28 ans, l'a mûrement réfléchie.

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Du moins, c’est ce qu’il a dit lundi au juge François Huot qui devait présider le procès qui devait durer huit semaines. Une ordonnance de non-publication empêchait toutefois les médias de révéler cette information puisque le magistrat, pour s’assurer que le plaidoyer soit fait en toute connaissance de cause, a exigé que Bissonnette soit vu par un psychiatre avant que les plaidoyers ne soient entérinés.

Lundi soir, le tueur de la Mosquée a donc été rencontré par un médecin et, mercredi matin, il a été ramené devant le juge, toujours aussi convaincu de vouloir plaider coupable.

Pendant de très longues minutes, le magistrat a donc lu chacune des 12 accusations portées contre Bissonnette en le déclarant coupable. Il a lu le nom de tous ceux qui ont perdu la vie lors de cette tragédie. Le nom de tous ceux qui ont été blessés au plus profond d’eux-mêmes et de leur croyance.

Dans la salle, les familles des hommes décédés ou blessés essuyaient leurs larmes, se tenaient la main, tristes victimes collatérales de cette tragédie humaine. À l’avant-plan se trouvait Aymen Derbali, l’un des hommes atteints par balle ce soir-là et qui restera handicapé à vie à la suite de cette tuerie.

 

Retour sur les procédures

Lundi, étonné du choix de l’accusé, mais voulant surtout s’assurer qu’il était fait de façon libre et volontaire, le magistrat lui avait demandé s’il était sous quelques influences que ce soit pour prendre cette décision.

«Non, je ne suis pas sous l’influence de quoi que ce soit. Je suis stressé d’être devant vous, mais je me sens en pleine possession de mes moyens», avait dit l’accusé de façon calme et posée, mais aussi devant ses parents qui étaient présents dans la salle.

Questionné sur la décision de son client, l’avocat de la défense, Me Charles-Olivier Gosselin, avait fait savoir au magistrat que ce n’était pas la première fois qu’il parlait avec ce dernier de cette possibilité.

«L’entente que l’on avait, c’était d’attendre quelques jours. Durant la fin de semaine, M. Bissonnette a eu accès aux derniers éléments de preuve. Il connaissait les éléments positifs et négatifs de notre théorie de cause», avait-il mentionné au juge qui avait dit être «très bien en mesure de comprendre».

Représentations sur la peine

Coupable de la tuerie de la grande Mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette devra subir au cours des prochaines semaines l’étape des représentations sur la peine où le ministère public entend présenter une preuve exhaustive.

Les larmes des familles des hommes décédés ou blessés lors de la tuerie de la grande Mosquée n’étaient pas encore séchées que déjà, le juge François Huot demandait aux avocats de statuer sur la sentence qui sera imposée au meurtrier.

L’avocat du ministère public, Me Thomas Jacques, a déjà fait savoir que la preuve qu’il entendait présenter devrait s’échelonner sur deux semaines et qu’elle portera sur deux volets distincts.

«Il sera question des circonstances propres à la commission des crimes puisque le ministère public tient à ce que le tribunal ait le portrait le plus juste de ce qui s’est produit le 29 janvier 2017», a mentionné Me Jacques au magistrat.

Le deuxième volet portera sur les conséquences de ces crimes sur les nombreuses victimes.

En défense, l’avocat Me Charles-Olivier Gosselin a demandé à ce que ses représentations puissent être reportées en juin puisqu’il désire présenter une preuve étoffée sur l’état mental de Bissonnette, son risque de dangerosité et sur son risque de récidive.

Si le juge comprend que la défense veuille aborder ses sujets, il s’est opposé vivement à la demande de délai faite par la défense.

«Les victimes ont le droit de voir l’accusé être rapidement condamné», a alors tonné le magistrat à l’avocat, qui a répliqué que son client risquait tout de même «la sentence la plus importante jamais imposée au Canada».

Rappelons que depuis le 2 décembre 2011, les peines à vie pour meurtre peuvent être imposées de façon consécutive, ce qui signifie que Bissonnette pourrait se voir imposer une peine de 150 ans de détention.

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