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Mobilité à Québec: encore loin d’un consensus régional

Jean-François Racine | Agence QMI 

Les transports, la mobilité et la congestion routière divisent la population de Québec, qui semble bien loin d’un consensus dans ce débat qui risque de prendre de l’ampleur avec la construction d’un tramway pendant quelques années.

Devant une salle comble de près de 200 personnes réunies à l’auditorium du Musée de la civilisation, le premier débat «Le choc des idées», organisé par «Le Journal de Québec», a vite fait des étincelles.

Pendant plus de deux heures, les panélistes et le public ont pris un malin plaisir à jeter de l’huile sur le feu, une preuve évidente que les opinions divergentes ne sont pas près de s’éteindre. «J’ai aimé la formule. Je donne 75 % à l’initiative d’organiser ça. J’aurais aimé voir M. Hébert sur place», a mentionné Serge Gagnon à sa sortie.

«J’ai trouvé que le troisième lien n’est pas ressorti comme l’idée du siècle», a affirmé Paul Mackey.

Qualité de vie

Pour la chroniqueuse Karine Gagnon, les citoyens verront la possibilité d’améliorer leur qualité de vie le jour où le projet de réseau structurant de transport en commun à Québec sera complété et en fonction. «Québec est la dernière ville au Canada de 500 000 habitants qui n’a pas de réseau de transport structurant.»

L’efficacité et la rapidité des déplacements et le coût du projet ont également suscité plusieurs accrochages entre les participants. Entre 2006 et 2016, 115 000 voitures se sont ajoutées dans la région.

«À 2,9 milliards $, il faut que ça marche, que ça soit plein. Le tramway, je soupçonne que ce sont les mêmes qui vont l’utiliser que ceux qui prennent l’autobus. Personne ne m’a prouvé que quelqu’un va sauver du temps en embarquant dans le tramway», a ajouté Jérôme Landry.

Même par vidéo, le chroniqueur politique Michel Hébert a amusé les invités.

«Je ne suis pas hostile à un projet de tramway, mais Québec s’est développée avec un modèle américain et aujourd’hui on voudrait un modèle européen. Il y a beaucoup d’opportunisme politique.»

Pas de miracle

«Peu de choses sont plus attrayantes, plus chic et plus tendance qu’un tramway qui passe en chuchotant sa mobilité durable», écrivait récemment l’ancien chef du bureau politique.

Pour Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, l’idée maîtresse est de fournir des options aux gens.

«Québec est toujours quelque part entre l’Europe et les États-Unis. Ça va permettre d’amener plus de monde de manière plus efficace. Est-ce que ça va faire disparaître la congestion ? Je ne crois pas», ajoute le partisan du tramway qui reconnaît que la période de construction sera comme une visite chez le dentiste.

Le chef du Bureau d’enquête au Parlement de Québec, Antoine Robitaille, qui dirigeait la circulation, a avoué qu’il serait difficile de trouver un terrain d’entente.

D’autres débats seront présentés à Québec et Montréal au cours des prochains mois. Plusieurs attachés politiques et quelques élus ont assisté aux échanges.

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