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Prise de rendez-vous par Internet

Un accès plus difficile à un médecin pour les aînés?

TVA Nouvelles

Il faudra bientôt utiliser Internet de façon prioritaire afin de prendre un rendez-vous avec un médecin. Le téléphone passera en deuxième. Un tel changement fait craindre un accès encore plus difficile pour les personnes âgées.

C’est le cas d’Anne-Marie Perron, qui a tenté à de nombreuses reprises, en novembre dernier et dans les semaines qui ont suivi, d'obtenir un rendez-vous à la super-clinique Azur de Longueuil, mais sans succès. Ni par Internet ni par téléphone.

«Si on ne peut pas se présenter à la clinique et avoir un rendez-vous, si on ne peut pas l'avoir par téléphone, bien, qu'est-ce qu'on fait? On n'en a pas», se désole-t-elle.

Selon un responsable de la Clinique Azur, les secrétaires – une dizaine en tout –, ne réussissent pas à répondre à toutes les demandes.

Dès le 31 mars, toutes les super-cliniques auront l'obligation d'adhérer au service de rendez-vous électronique de la Régie de l'assurance maladie, comme l'indique une correspondance du ministère de la Santé obtenue par TVA Nouvelles.

Les patients seront d'abord invités à utiliser Internet. Mais la grande question: 10 à 15% de la population n'ayant pas accès au web, qu'est-ce qui va se passer avec ces patients?

À la super-clinique Azur, on est convaincu que le nouveau système Internet va libérer du personnel pour mieux répondre entre autres aux personnes âgées.

«Ça nous permet d'ouvrir les lignes pour les gens qui, entre autres, n’ont pas la capacité, ou la facilité, ou l'accès au réseau informatique», relève le Dr Laurent Vanier, responsable à la super-clinique médicale Azur.

Importantes lacunes

Pour Benoît Brunel, président et fondateur de Bonjour-santé – qui offre déjà un service de deux millions de rendez-vous annuels par Internet et par téléphone –, le nouveau service présente d'importantes lacunes. «Il y a 67% de nos usagers de 65 ans et plus qui utilisent le téléphone plutôt que le web», précise-t-il.

Quelque 42% des rendez-vous de Bonjour-santé sont pris au téléphone, avec 120 lignes disponibles à la fois, ce qui n'est pas le cas dans les super-cliniques.

«Si vous coupez l'accès téléphonique et que vous dites: "Bien, appelez la secrétaire à la place", la secrétaire va en prendre un, deux... Et, rendue au troisième appel, elle va dire: "Désolée, c'est complet"», relate M. Brunel.

Au lieu de créer un nouveau système coûteux, Bonjour-santé, qui est en litige avec le gouvernement, a proposé son expertise au ministre de la Santé, mais sans succès.

«Ils ont déjà dépassé 10 millions. Donc, ils sont déjà à plus du double de ce qui était prévu», mentionne Benoît Brunel.

Il y a des super-cliniques comme Azur qui ne pourront pas respecter l'obligation en vigueur le 31 mars et devront attendre encore quelques semaines. «Il y a certains fournisseurs qui ne sont pas encore tout à fait prêts, ce qui retarde son application», explique Laurent Vanier.

-D’après un reportage d’Harold Gagné