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63 M$ pour faire bouger les employés

Patrick Bellerose | Agence QMI 

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

À la suggestion de Pierre Lavoie, Québec va accorder des incitatifs financiers aux entreprises qui feront bouger leurs employés.

En effet, le dernier budget Leitao prévoit 63 millions $ sur cinq ans pour créer un «programme d’aide innovant qui vise à favoriser l’activité physique en milieu de travail». La somme pourrait être bonifiée par la suite, si le programme est un succès.

Les employeurs pourront donc financer diverses initiatives de santé au travail, comme des douches pour les employés qui iront courir sur l’heure du dîner, ou des séances de yoga.

Le programme sera géré par le ministère de l’Éducation, également responsable des loisirs et du sport.

Éviter les excès

La mesure retenue par Québec est toutefois moins ambitieuse que ce que réclamait l’athlète saguenéen, notamment créateur des fameux «cubes d’énergie».

Pierre Lavoie proposait de permettre aux entreprises de déduire le financement d’initiatives favorisant l’activité physique de la cotisation au Fonds des services de santé que chaque entreprise doit verser annuellement.

Québec a préféré agir à travers un programme afin de mieux contrôler les dépenses. Le coût d’un crédit d’impôt est plus difficile à prévoir, fait valoir le cabinet des Finances. De plus, on souhaite éviter les abus : l’argent ne doit pas servir à financer la nouvelle douche d’un PDG.

Économie de la prévention

En proposant une déduction aux cotisations des entreprises, Pierre Lavoie espérait toutefois dégager des sommes beaucoup plus importantes que celles prévues par Québec, afin de créer une véritable «économie de la prévention».

Le cofondateur du Grand Défi Pierre Lavoie estimait que son plan aurait permis d’aller chercher tout près de 3,5 milliards $ que les employeurs auraient pu réinvestir dans le bien-être de leurs employés.

« Là, les kinésiologues auraient du travail, les nutritionnistes auraient du travail, les gens iraient s’acheter des espadrilles, énumérait Pierre Lavoie en entrevue avec «Le Journal de Québec» en décembre dernier. Pour l’instant, l’économie de la prévention n’est pas très développée. On voit que ce n’est pas encore dans notre culture.»

L’idée avait d’ailleurs reçu l’appui tant du Conseil du patronat que de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

«C’est une excellente idée parce que ça n’irait pas juste dans le fonds consolidé, et on travaillerait sur la prévention, pas juste sur le curatif», avait commenté le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.