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«Chaque minute, je vois la tragédie, ce qu’il m’a fait»

TVA Nouvelles

Grâce à la générosité de milliers d’internautes, le survivant de la tuerie de la mosquée de Québec Aymen Derbali a reçu 400 000 $ pour un logis adapté. Mais un retour chez lui ne veut pas dire qu’il sera facile de passer à autre chose.

«Tourner la page, ce serait difficile, a-t-il déclaré samedi, après la remise de cette somme. En me voyant sur le fauteuil chaque minute, je me rappelle la tragédie. Chaque minute, je vois la tragédie, je vois ce qu’il m’a fait. Je me rappelle les frères qu’on a perdus. Je me rappelle les blessés.»

Rappelons que l’homme a reçu sept balles lors de l’attaque de la grande mosquée et est maintenant tétraplégique. Pendant qu’Alexandre Bissonnette faisait feu, ce père de trois enfants avait tenté d’arrêter le tireur et a reçu une rafale de projectiles.

Une association musulmane de Toronto a lancé une campagne de sociofinancement, qui a réussi à amasser plus de 400 000 $. Plus de 4800 personnes, venant d’une quarantaine de pays, ont contribué à l’initiative.

Retour à la maison

Depuis un an, M. Derbali est hébergé dans un centre de réadaptation de Québec. Il devrait pouvoir en sortir d’ici la fin de l’été pour rejoindre sa conjointe et ses trois enfants.

«J’attends avec impatience le retour à la maison, dit le survivant. J’essaie de m’imaginer dans chaque pièce, jouer avec mes enfants. [...]Ça va être un essai de retour à la vie normale avec les enfants.»

 

Maintenant, il dit vouloir s’impliquer auprès de jeunes pour «propulser des projets entre sa communauté et les concitoyens québécois».

«Pour avoir la force et continuer, j’essaie d’avoir un sens à ma vie, de m’impliquer au niveau des jeunes, des personnes nécessiteuses, explique-t-il. C’est une autre chance que Dieu m’a donnée pour parfaire mes actions et aller au-delà pour aider les autres.»

Procès évité

Mercredi, Alexandre Bissonnette a plaidé coupable aux six chefs d’accusation de meurtre prémédité et aux six chefs de tentative de meurtre qui pesaient contre lui, évitant ainsi la tenue d’un procès.

M. Derbali dit qu’il était prêt à un procès qui l’aurait poussé à revivre l’horreur de cette soirée. La preuve était «irréfutable» selon lui et estime toujours qu’il s’agissait d’un «geste prémédité» de la part de Bissonnette.

Le survivant se trouve encore au début du processus de pardon, admet-il.

«On aurait aimé que ses parents manifestent leur désir de donner leur soutien, a-t-il notamment mentionné. Je ne demande pas à ses parents de s’excuser en son nom, mais au moins de dire qu’eux, ils nous supportent et qu’ils ressentent ce que nous avons ressenti. Pas à se contenter de dire qu’il sera toujours leur fils. C’est comme si nous on n’avait pas perdu des fils.»

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