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Les employeurs doivent s’impliquer davantage, selon la Commission des droits

Dominique Lelièvre | Agence QMI

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La Commission des droits de la personne invite les employeurs du secteur privé à tirer des leçons du tollé suscité par l’abolition du programme qui a coûté à des dizaines de personnes handicapées leur travail chez Walmart.

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Pour le président par intérim de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la perte de ces emplois se justifie difficilement dans un contexte où il y a pénurie de main-d’oeuvre au Québec. Or, les personnes handicapées demeurent sous-représentées sur le marché du travail, déplore Philippe-André Tessier.

«C’est un événement malheureux, mais qui permet d’attirer l’attention du grand public sur toute la question de l’intégration des personnes handicapées à l’emploi, qui demeure aujourd’hui quelque chose de compliqué à atteindre», a-t-il réagi dans la foulée de la controverse impliquant la multinationale américaine.

Combattre les préjugés

Pour le président de la Commission, les défis sont énormes pour «casser» les préjugés qui visent les travailleurs ayant un handicap physique ou intellectuel.

Si des employeurs ont la perception que leur embauche vient avec des contraintes, rien dans l’affaire Walmart ne le démontre, plaide M. Tessier. « Personne, chez Walmart, n’a dit qu’il n’était pas satisfait de ces personnes-là. Cette ligne-là n’est sortie nulle part », souligne-t-il.

«Ce sont des êtres humains comme vous et moi et ils ont le goût de travailler et de contribuer, alors il faut leur donner cette chance-là», insiste-t-il.

Loi à revoir

M. Tessier propose d’assujettir le secteur privé à la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics, qui fixe des cibles en matière d’employabilité des personnes handicapées.

Seulement 330 organismes parapublics, comme les commissions scolaires et les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), y sont soumis actuellement. L’entreprise privée, mais aussi le gouvernement et l’ensemble de la fonction publique devraient en faire partie, considère la Commission.

Son plus récent bilan, en 2016, démontrait qu’il faudrait tripler la présence des personnes handicapées dans les organismes régis par cette loi pour en atteindre les objectifs.

Philippe-André Tessier rappelle que les travailleurs handicapés sont protégés par la Charte des droits et libertés. À sa connaissance, aucune plainte relativement à l’affaire Walmart n’a été acheminée à ce jour à la Commission.

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