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Des chances de survie inégales en situation d'urgence?

TVA Nouvelles

Chaque minute compte en situation d'urgence. Or, dans plusieurs régions, comme en Estrie, le système oblige les ambulanciers à attendre un appel à leur demeure, puis à aller chercher l'ambulance à la caserne, avant de se rendre sur les lieux de l'intervention.

Des villes telles Windsor, Asbestos et Lac-Mégantic préféreraient voir des ambulanciers être en poste directement à la caserne, compte tenu des longues distances à parcourir.

Sur les horaires de faction, les paramédicaux répondent aux appels de leur maison. Ils disposent de cinq minutes en moyenne pour se rendre à la caserne et partir avec l'ambulance.

«Chaque minute, pour un arrêt cardiorespiratoire, pour un AVC, pour un infarctus du myocarde, c'est des minutes qui comptent, soutient Justin Dewey, d’Ambulance Stanstead. Malheureusement, ici, les six premières minutes, c'est juste pour se rendre au camion.»

«C'est un temps moyen de jour. De nuit, c'est encore plus long. Ça peut être de huit à dix minutes», précise son collègue ambulancier, Ron Knapp.

Ces délais ajoutent au stress du travail des ambulanciers, comme en témoigne Shawn Blanchard, qui a répondu à un appel pour une personne inconsciente il y a quelques mois.

«Elle était couchée à terre, elle était en arrêt cardiaque, mais personne ne l'a vue. En fin de compte, son mari l'a vu tomber. Puis nous, on est arrivés et il était déjà trop tard.»

Les délais occasionnés par les horaires de faction sont frustrants pour les ambulanciers, qui ne parviennent pas toujours à faire leur travail correctement, soit de sauver les gens.

«Ça fait cinq ans que je suis ambulancier et ça fait... Écoutez, j'ai eu à peu près 10 à 15 cas d'arrêts cardiorespiratoires. Il y en a pas un qu'on a sauvé, malheureusement», se désole Dakoda Drouin.

Les occasions sont de plus en plus nombreuses où les ambulanciers en horaire de faction dépassent leur nombre limite d'heures en une journée. Il faut donc les retirer du service et les remplacer par des équipes qui proviennent d'un autre territoire.

«Est-ce que ça a sa place dans des régions comme la nôtre? Non, répond Christian Beaudin, président du Syndicat des paramédics de l’Estrie-CSN. Tout simplement, ces horaires-là devraient être transformés vers des horaires à l'heure.»

-D’après un reportage de Jean-François Desbiens

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