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Documentaire sur le viticulteur Pascal Marchand

«Grand cru»: la religion du vin

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Pascal Marchand est Québécois. Il fait des études en littérature, pensant se destiner à l’écriture. Puis, lors d’un séjour en Bourgogne, c’est le coup de foudre.

Les vignobles l’appellent, il est attiré, il s’installe dans cette région de France reconnue pour ses vins. À 22 ans, il a une chance inouïe quand un viticulteur lui propose de devenir régisseur de son domaine. Ça y est, Pascal Marchand a trouvé sa vocation.

Devenu lui-même viticulteur - son entreprise possède aujourd’hui une soixantaine de vignobles et produit environ 9000 caisses de vin par an -, il innove et met en place les principes de l’agriculture biodynamique, qu’il explique ainsi: «Comprendre les forces de la nature et essayer de travailler avec les rythmes de la nature.»

Ce retour aux traditions des moines du Moyen-Âge - il teste actuellement des ceps placés en groupe et non en rang pour étudier si cette méthode ancestrale a des avantages - fait de Pascal Marchand le premier à réintroduire le cheval pour labourer les vignes en Bourgogne.

Ses confrères, interviewés par le réalisateur David Eng, parlent de lui en utilisant des termes comme «génie» ou «artiste». Son calme, sa patience, sa passion, sa manière de s’occuper de ses vignes, de chercher sans cesse à améliorer le goût du vin lui valent d’ailleurs le respect de ses pairs, qu’on sent dans toutes les entrevues.

Et ses méthodes sont à ce point efficaces que son associé a testé la biodynamique dans un vignoble ontarien, pour s’apercevoir que son vin était de bien meilleure qualité sans pesticides ni engrais chimiques et en respectant les rythmes naturels.

Par contre, tout n’est pas rouge, blanc, ni même rosé en Bourgogne. Les changements climatiques affectent grandement, et certaines années gravement, les récoltes. L’année 2016, par exemple, a été catastrophique. Le gel a eu raison du raisin et bon nombre de viticulteurs ont mis la clé sous la porte.

Mais au-delà des défis climatiques inquiétants qui attendent les viticulteurs et les agriculteurs, ce qui frappe c’est la passion de Pascal Marchand ainsi que de tous ses confrères et consoeurs. Cette passion qui pousse à se battre pour conserver une appellation d’origine, à sans cesse innover, remettre en question, penser, chercher et s’interroger... tout en prenant le temps de savourer le résultat de cette délicate et mystérieuse alchimie qu’est la fabrication du vin.

Note: 4 sur 5