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Des orignaux abattus et mutilés à Forestville

Pierre-Paul Biron | Agence QMI

MISE EN GARDE: Images difficiles dans la vidéo ci-dessus

Un possible épisode de braconnage inquiète des résidents de Forestville, sur la Côte-Nord, alors que des orignaux adultes, dont deux femelles qui portaient des petits, ont été abattus et mutilés avant d’être abandonnés dans un secteur boisé.

Ce sont des résidents du secteur qui revenait de leur chalet qui ont découvert les carcasses sur la route 385 au nord de la municipalité. Nancy Therrien et son conjoint ont aperçu du sang et des traces de motoneige ainsi que de raquettes en bordure de la route et ont choisi d’aller jeter un coup d’œil, inquiets de ce qu’ils voyaient.

«On a suivi les traces pendant à peu près un kilomètre et c’est là qu’on a trouvé les bêtes. On a vu trois adultes et les petits. C’était terrible», a raconté Mme Therrien, qui précise que d’autres personnes auraient aperçu six bêtes au total. «On voyait des traces de traineau, donc ils en ont peut-être ramassé.»

Sur place, la dame raconte avoir trouvé une boîte de balles d’arme à feu complètement vide et un couteau planté dans un arbre, ce qui laisse croire à des braconniers selon elle.

«Ça ne peut pas être des prédateurs. En fait, ce sont des prédateurs, mais des prédateurs humains, a-t-elle soupiré, attristée d’autant de violence contre les animaux. Les loups qui s’attaquent à d’autres bêtes ne laissent pas de couteaux et de boîtes de balles sur place.»

Enquête ouverte

Après avoir partagé son histoire sur les réseaux sociaux «dans le but de sensibiliser les gens», Nancy Therrien est allée rencontrer des responsables du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) pour leur faire part de l’incident. L’événement ne serait pas une première selon elle.

«Ça se parle beaucoup au village. On voit souvent un camion se promener dans ce coin-là. Et l’an dernier, certaines personnes nous ont dit qu’il y en a cinq qui ont été abattus au même endroit», a expliqué la résidente de Forestville.

Le ministère confirme qu’une enquête a officiellement été ouverte et dit être préoccupé par de tels incidents. «C’est préoccupant de voir ce genre de scène. C’est très désolant et consternant de voir qu’on peut réserver ce sort-là à notre patrimoine faunique», a indiqué Sylvain Carrier, porte-parole du MFFP, ajoutant qu’il n’est pas «monnaie courante» d’assister à des actes semblables.

Troublée des images qu’elle a vues, Nancy Therrien souhaite que les responsables soient punis de façon convenable. «Plusieurs dossiers sont morts sur le bureau du garde-chasse qui ne peut pas faire grand-chose. J’espère que, cette fois-ci, les choses vont bouger pour vrai.»