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Les dates importantes de l’affaire Rona

Jean-François Cloutier | Bureau d'enquête

CHANTAL POIRIER/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Décédé soudainement l’été dernier, l’ex-ministre Jacques Daoust a longuement mûri l’affaire Rona après son départ de la politique, au point de miner sa santé. Retour sur la chronologie de cette saga.

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Jacques Daoust hanté jusqu'à sa mort par l'affaire Rona

31 juillet 2012

Rona révèle qu’elle fait l’objet d’une offre d’achat hostile de l’américaine Lowe’s pour 1,8 milliard $. Le ministre des Finances de l’époque, Raymond Bachand, déclare alors que cette transaction «n’apparaît pas être dans l’intérêt du Québec ni du Canada». Il mandate Investissement Québec «pour examiner les actions à entreprendre pour contrer cette offre».

Août 2012

Investissement Québec fait l’acquisition d’environ 10% des actions de Rona. En incluant la participation de la Caisse de dépôt, des marchands Rona et du Fonds FTQ, une «minorité de blocage» québécoise de plus de 35% est constituée.

17 novembre 2014

Le conseil d’administration d’Investissement Québec prend la décision de vendre toutes ses actions de Rona. Le C.A. décide de consulter le ministre, même si son autorisation n’est pas requise. Le but est de «connaître sa position par rapport à la transaction», selon Yves Lafrance (ci-dessus), à l’époque DG par intérim d’IQ.

21 novembre 2014

Pierre Ouellet (ci-contre), le chef de cabinet de Daoust, contacte Marc Paquet, v.-p. aux affaires juridiques d’Investissement Québec, pour savoir quels sont les «seuils de participation» (d’IQ dans une entreprise) nécessitant une autorisation du ministre. C’est en lien avec la vente projetée des actions de Rona. Selon lui, cette demande est faite à la suite d’«un échange avec le ministre», ce que nie catégoriquement Jacques Daoust. Ce dernier dit ne pas avoir été informé du projet d’IQ de vendre ses actions de Rona avant le 26 novembre 2014. Ni la Caisse de dépôt ni le Fndts FTQ n’avaient été informés non plus.

26 novembre 2014

Jean-Jacques Carrier, vice-président chez IQ, écrit un courriel à 14h16 à Pierre Ouellet pour lui demander de «confirmer» que le «MEIE [Ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations] est en accord avec (la) vente (des actions de Rona)». «C’est de leur responsabilité. Ils vivront avec les conséquences», dit M. Daoust à Pierre Ouellet lors d’un échange. À 16h42, Pierre Ouellet répond malgré tout par courriel «OK», sans faire état du désaccord de son ministre. Il dit avoir envoyé ce OK parce que la «décision devait venir du conseil d’administration» d’Investissement Québec.

3 février 2016

Lowe’s dépose une deuxième offre d’achat pour Rona pour 3,2 milliards $. Le gouvernement Couillard déclare qu’il n’entend pas faire obstacle à la transaction. Ce n’est qu’alors que le grand public apprend qu’Investissement Québec s’est départi de toutes ses actions de l’entreprise et qu’il n’y a plus de minorité de blocage.

Juin 2016

Un rapport de la Vérificatrice générale en juin 2016 conclut que le ministère de l’Économie a donné son accord à la vente des actions d’IQ de Rona. Jacques Daoust continue pourtant de nier avoir donné son accord.

19 août 2016

Des échanges de courriels entre Pierre Ouellet et des dirigeants d’IQ sont révélés par TVA, entre autres le fameux «OK». Jacques Daoust démissionne après que son chef de cabinet lui eût conseiller de partir après avoir eu une rencontre avec Jean-Louis Dufresne (ci-contre) , chef de cabinet du premier ministre Couillard.

25 août 2016

Une commission parlementaire a lieu pour éclaircir les circonstances de la vente des actions de Rona par IQ. Pierre Ouellet est appelé à témoigner, mais pas l’ex-ministre Daoust. M. Ouellet y déclare notamment sous serment ne pas avoir discuté du dossier Rona avec le cabinet du premier ministre avant juin 2016. Cette affirmation est jugée «inconcevable» par la députée péquiste Agnès Maltais. Le péquiste Alain Therrien se dit «abasourdi».

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