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Pourquoi Bissonnette a-t-il plaidé coupable?

TVA Nouvelles

L’auteur de la tuerie de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, a choisi de plaider coupable aux graves accusations qui pesaient contre lui. À la lumière de son appel au 911 puis de son interrogatoire au lendemain du carnage, certains se demandent s’il avait toute sa tête?

Le jeune homme de 28 ans aurait-il pu choisir une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux en vertu de l’article 16 du Code criminel? Un psychiatre avance une réponse.

Le Dr Félix-Antoine Bérubé précise qu’il n’a pas évalué le tueur alors il en va de spéculations sur son cas. «Après avoir commis ses gestes, il semblait dissocié alors que dans d’autres témoignages, il a des souvenirs précis. Il n’a pas choisi de défense de trouble mental, car il y avait trop d’éléments contradictoires dans son témoignage», avance-t-il.

Le 30 janvier au lendemain de la tuerie, Bissonnette semblait calme et repentant en interrogatoire, questionnant à savoir entre autres s’il avait tué des enfants.

Par contre huit mois plus tard, il a raconté à une intervenante du Centre de détention de Québec qu’il avait fait «des recherches sur les tueurs», q’ils sont «ses idoles» depuis son adolescence, qu’il avait «manqué son coup» et qu’il aurait voulu faire davantage de victimes.

Narcissique?

«Les motivations qui amènent les gens à poser des gestes comme celui qui a été posé, l’hypothèse des enjeux narcissiques fait souvent surface», fait savoir le psychiatre.

M. Bérubé explique que les personnes qui ont un trouble de personnalité narcissique ont souvent une faible estime de soi «qui est compensée par une soif de reconnaissance, de devenir quelqu’un, d’avoir du succès ou d’être vu. Les propos qu’il (Bissonnette) a tenus à l’intervenante en septembre s’enlignent vers cette hypothèse-là».

Le psychiatre se questionne à savoir si Bissonnette avait ce trouble de personnalité narcissique, s’il été diagnostiqué à ce sujet. «C’est difficile à dire, de juger de la sévérité de ce trouble. Faudrait voir comment il fonctionnait dans son quotidien. Il semblait dissocié en interrogatoire. Est-ce le stress intense qui fait que ses processus mentaux sont différents? Était-il capable de juger le bien et le mal?», formule M. Bérubé.

Les observations sur la peine d’Alexandre Bissonnette accusé de six meurtres prémédités se poursuivent au palais de justice de Québec. Il s’expose à une peine cumulative de 150 ans.