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Les demandes médias surveillées par le bureau du premier ministre

Simon Clark/Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Le personnel politique du gouvernement Couillard intervient dans les demandes médias adressées à des fonctionnaires de l’État, a constaté «Le Journal de Montréal».

Des réponses rédigées par une fonctionnaire à la suite de questions posées par «Le Journal» au ministère du Conseil exécutif l’automne dernier ont requis l’approbation de Johanne Whittom et Harold Fortin, qui étaient à ce moment numéro deux du bureau du premier ministre et attaché de presse du premier ministre.

Lorsqu’un employé partisan guide la réponse rédigée par un fonctionnaire, le public est ainsi privé de son droit à une information neutre. Le professeur de science politique Thierry Giasson estime que cette situation est anormale et préoccupante. «Je ne pense pas que ce soit normal qu’il y ait une avalisation systématique de toute demande médiatique vers le personnel politique. Comme citoyen, ça me préoccupe», déplore-t-il.

Ingérence

En effet, dans un courriel obtenu par le Bureau parlementaire, une fonctionnaire reprend une question posée par un journaliste au sujet des emplois supérieurs du gouvernement. Elle ajoute par la suite sa suggestion de réponse à cette question. Ce courriel était adressé à son supérieur, mais aussi à Mme Whittom et à M. Fortin.

Dans le même échange par courriel, Johanne Whittom a donné une approbation de publication à la fonctionnaire. En entrevue avec «Le Journal», Harold Fortin avait expliqué qu’il est normal que le personnel soit informé des demandes médias et que, «99 % des fois», il ne réclame pas de modifications aux réponses concoctées par la fonction publique.

Pas à l’abri

Les demandes formulées dans le cadre de la loi sur l’accès aux documents des organismes publics ne sont pas non plus à l’abri de l’ingérence: l’an dernier, une employée du ministère de la Justice affirmait qu’il fallait attendre «le OK» du cabinet de la ministre Stéphanie Vallée pour compléter les demandes d’accès des médias et des partis d’opposition. La ministre Stéphanie Vallée avait par la suite nié toute forme d’ingérence.

Dans un autre cas, une demande d’accès révèle par exemple que l’attachée de presse de la ministre Kathleen Weil est rapidement mise au courant de questions d’un journaliste au ministère à propos de la consultation sur le racisme. «Nous avons des questions d’un journaliste du "Journal de Québec" en lien avec le choix d’OBNL pour la consultation sur le racisme et la discrimination systémique. Je te reviens sous peu avec la fiche», écrit une fonctionnaire.

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