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Près de 3500 fonctionnaires dans les services d’information d'Ottawa

 - Agence QMI

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Le gouvernement libéral ne manque certainement pas d’employés pour mettre en place la transparence qu’il a promise. Dix fois plus de personnes sont chargées de son message qu’il y a de journalistes au parlement.

Ce sont 3472 employés fédéraux qui font partie du groupe des services d’information (IS) du gouvernement du Canada. Ces employés sont notamment – mais pas uniquement – responsables de répondre aux demandes des médias. Ces réponses sont souvent laborieuses à obtenir, reviennent parfois incomplètes... ou ne reviennent pas du tout.

Cela, alors qu’une «culture du secret» est bien présente dans l’administration fédérale, malgré les promesses libérales de transparence, se désolent des universitaires, chiens de garde des contribuables et journalistes. Une dizaine de journalistes, universitaires et agents ou ex-agents du parlement questionnés à ce sujet s’accordent pour dire que la machine fédérale est encore réticente à s’ouvrir à la lumière du jour.

Culture du secret

«Une certaine culture a été instaurée par les conservateurs de Stephen Harper [au pouvoir de 2006 à 2015], qui n’a pas été changée par le gouvernement Trudeau, soutient par exemple le journaliste indépendant Justin Ling. Il n’y a pas de doute que [la transparence] s’est améliorée pour quelques aspects, mais s’est empirée pour tout le reste.»

Qu’ils soient motivés par un souci de montrer l’administration sous un meilleur jour, ou pour éviter à tout prix l’embarras d’admettre ses erreurs, les fonctionnaires feraient souvent preuve d’extrême prudence dans leurs réponses aux médias.

L’ex-commissaire à l’information Suzanne Legault a mis en doute le sérieux du gouvernement Trudeau à respecter sa promesse d’ouverture, alors même qu’il répétait en campagne électorale qu’un «gouvernement transparent est un bon gouvernement.»

«Cela prendra des efforts qui viennent du premier ministre. Sinon, ces intentions [de transparence] ne vont pas se transformer en réalité», a-t-elle déclaré en marge du dépôt d’un rapport dévastateur en juin.

« Vous pouvez vous imaginer que toutes ces années sous le régime Harper, il y avait des fonctionnaires qui ont adhéré à cette idée qu’on doit en révéler le moins possible. C’est difficile de changer cette culture, [mais] tout changement de culture a besoin de venir du haut », analyse Teresa Scassa, professeure de droit à l’Université d’Ottawa spécialisée en droit de l’information.

«Dans ce dossier, le gouvernement avait la chance de prouver qu’il y aurait un changement de culture, et il ne l’a pas fait», renchérit Stéphane Giroux, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Quant aux 3472 employés, le ministère chargé de l’embauche, le Secrétariat du Conseil du Trésor, «ne comptabilise pas de façon systématique les dépenses précisément reliées aux services de communications.»

Deux fois plus

Chose certaine, le gouvernement emploie deux fois plus de ces employés en communications qu’il y a 20 ans (1635 employés en 1998). Après une croissance rapide au début des années 2000, le service a atteint sa taille actuelle vers 2008.

«La gestion de l’image, la gestion de la réputation deviennent un élément central. Ça prend toute une équipe pour s’assurer que l’information soit contrôlée», indique le professeur en relations publiques à l’UQAM Olivier Turbide.

Un chèque de 30 millions $ secret

Depuis octobre dernier, «Le Journal de Montréal» tente de faire la lumière sur un règlement de plus de 29 millions $ survenu entre Emploi et Développement social Canada (EDSC) et deux individus. Ni la Loi sur l’accès à l’information ni les relations avec les médias n’ont permis de confirmer que cet argent a servi à des fins légitimes.

Dans les Comptes publics du Canada pour l’année 2016-2017 publiés à l’automne, on peut voir que 29 015 000 $ ont été versés à deux personnes ou entités dont les noms ont été gardés confidentiels pour le «règlement d’une entente contractuelle et réclamation pour dommages généraux».

Cherchant à connaître la nature du litige en cause, «Le Journal de Montréal» a eu pour seule réponse d’une porte-parole d’EDSC que les détails resteraient confidentiels.

Une demande d’accès à l’information, dont la réponse a été reçue cinq mois plus tard, n’a pas plus fourni d’explication. Plus des deux tiers des pages ont été retenus et celles qui ont été divulguées sont lourdement caviardées.

Les seuls montants visibles dans les documents diffèrent légèrement du 29 millions $ affiché dans les Comptes publics. Demandant à la division de l’accès à l’information de lui expliquer cet écart et voulant s’assurer d’avoir la bonne information en main, «Le Journal de Montréal» s’est fait rediriger aux relations avec les médias.

Autrement dit, c’est un retour à la case départ pour aucune explication. Tout ce qu’on apprend, c’est que les personnes dédommagées pourraient habiter au Québec puisque la TPS et la TVQ ont été perçues sur le montant versé.

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