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Un vaste chantier de 2,5 milliards à l’aéroport Montréal-Trudeau

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Après deux ans et demi d’études, Aéroports de Montréal (ADM) s’est rendu à l’évidence: il faut construire une nouvelle aérogare à Dorval pour répondre à la croissance effrénée du trafic aérien.

«Il fallait se convaincre que c’était plus risqué de ne rien faire que d’aller de l’avant», a résumé lundi le président-directeur général d’ADM, Philippe Rainville, à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

L’an dernier, la croissance s’est élevée à 9,5 % à Montréal-Trudeau. Elle s’est établie à 7,5 % en moyenne au cours des trois dernières années et devrait dépasser 4 % par année jusqu’en 2023. Le trafic est stimulé par les nouvelles liaisons internationales comme Montréal-Shanghai, où plus de la moitié de la clientèle provient de l’extérieur.

La facture des travaux donne le tournis: la première phase, qui s’étalera sur cinq ans, coûtera 2,5 milliards $. C’est presque la même somme que celle investie à Montréal-Trudeau ces 20 dernières années.

Frais en hausse

ADM met déjà à contribution les voyageurs. Au début du mois, les frais d’améliorations aéroportuaires ont discrètement été augmentés de 5 $ pour atteindre 30 $ par vol en partance de Montréal. Ils sont toujours à 25 $ à Toronto, mais atteignent 35 $ à Québec.

Dès cet été, ADM investira 117 millions $ pour ajouter des voies de circulation qui permettront aux avions de sortir plus rapidement des pistes d’atterrissage.

Par la suite, on refera complètement le débarcadère et le stationnement étagé situé juste en face. Pour illustrer l’urgence d’agir, M. Rainville a comparé ces structures vieillissantes à l’échangeur Turcot et au pont Champlain. Mener ce chantier d’envergure sans trop nuire aux voyageurs représentera un «défi» de taille, a reconnu le dirigeant.

Juste en dessous du débarcadère, on construira la gare du Réseau express métropolitain, qui doit être prête pour 2023. Le futur train passera par un tunnel qui sera creusé sous les pistes d’atterrissage.

Marquise de verre

Comme il manque de portes d’embarquement en période de pointe, on érigera une nouvelle aérogare entre les deux pistes qui sera reliée à l’aérogare actuelle à terme. Enfin, le projet prévoit le recouvrement du débarcadère par une immense marquise en verre. Son coût n’est toutefois pas compris dans le budget de 2,5 milliards $.

ADM entend préserver l’édifice principal de l’aéroport, qui date de 1960. «Mais si le maintien de la façade dans la capsule de verre était outrageusement trop cher, on serait obligés de passer au plan B», a prévenu Philippe Rainville, qui se dit aussi prêt à modérer ses ardeurs au besoin.

«S’il y a un ralentissement de la demande, on va ralentir les travaux», a-t-il déclaré.