/regional/montreal/montreal

Les pompiers s’attaquent au stress post-traumatique

 - Agence QMI

PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

Soumis à des situations bouleversantes au quotidien, les pompiers ont plus de chance de développer des blessures de stress post-traumatiques. Conscient de ce risque, le service d’incendie de Montréal déploie depuis l’hiver une série de mesures pour prévenir ce trouble psychologique.

Depuis 2007, les pompiers occupent aussi le rôle de premiers répondants dans la métropole, ce qui peut avoir un effet sur leur santé mentale.

«C’est quelque chose qui nous inquiète, particulièrement, depuis que les pompiers répondent à des appels médicaux, a souligné le président de l’Association des pompiers de Montréal Ronald Martin. C’est un autre genre de situation qui peut être plus émotive.»

Selon le Service incendie de la Ville de Montréal (SIM), 1725 pompiers sur 2360 sont certifiés premiers répondants, et ont effectué 84 800 interventions en ce sens en 2017.

Ces chiffres se retrouvent dans un document qui sera présenté mardi à la Commission de la sécurité publique à l’hôtel de ville de Montréal. Le SIM dévoilera son programme de prévention et les actions entreprises pour réduire les risques de blessures de stress post-traumatique, qui peut comprendre des troubles comme la dépression, l’abus de drogues et d’alcool et l’anxiété.

Selon le SIM, qui cite des données de 2016 du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, les premiers répondants, comprenant les policiers et les ambulanciers, sont deux fois plus à risque de développer des troubles psychologiques que la population en général.

Sans vouloir donner de détails, Ronald Martin confirme qu’il y a de plus en plus de membres de son syndicat qui souffrent. «Les dossiers sont confidentiels, mais il y a des cas répertoriés au niveau des chocs post-traumatiques. Des personnes qui ont perdu des emplois», a-t-il soutenu.

Ce dernier a commencé à s’inquiéter de cette situation en 2012, après la mort du pompier Thierry Godfrind, tué en service par un camion du SIM. Il espère que le trouble du stress post-traumatique soit reconnu un jour par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail comme une maladie professionnelle.

Étude au printemps

Pour dresser un meilleur portrait au sein de son effectif, le service a d’ailleurs demandé au Centre d’étude sur le trauma de déterminer ce printemps combien d’employés souffrent de divers troubles psychologiques. À ce jour, 400 personnes ont répondu à l’appel.

Deux outils nouveaux outils sont aussi offerts aux pompiers depuis février pour détecter et déclarer les interventions potentiellement traumatiques.

Le programme de prévention, qui comprend huit actions, sera mis en place au cours des prochaines années. Un protocole-terrain pour que les pompiers soient rapidement pris en charge lors d’un évènement traumatique majeur sera entre autres établi.

À l’automne, le Centre d’étude sur le trauma pourra offrir aux pompiers du soutien spécialisé en matière post-traumatique. Le SIM veut aussi conclure d’ici ce temps des ententes avec une unité d’urgence psychiatrique et un hôpital ou une clinique pour que les employés puissent être traités lors d’une urgence.

Dans la même catégorie