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Le chef de Kanesatake craint l’explosion de la contrebande

 - Agence QMI

Avec la légalisation du cannabis, le conseil de bande de Kanesatake s’inquiète pour sa part de la multiplication des cabanes à pot. Déjà, au moins un commerce en vend ouvertement comme a pu le constater «Le Journal de Montréal» hier.

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Le Grand Chef de bande de Kanesatake, Serge Simon, est frustré par le gouvernement Trudeau qui légalise la marijuana sans lui donner les moyens de lutter contre la contrebande qui commence déjà au sein de sa communauté.

Depuis le 20 avril, il est possible d’acheter du cannabis dit thérapeutique dans un petit commerce situé derrière le Mohawk Gas Bar.

Sur la bâtisse, on retrouve une affiche où il est d’ailleurs inscrit «Smoke Signals, Traditionnal and Alternative Medecines». Le logo de l’entreprise est une croix sur laquelle on retrouve une feuille de cannabis.

Plusieurs produits

Une porte métallique, sans fenêtre, permet d’entrer dans le commerce, dont l’accès est interdit aux personnes âgées de moins de 19 ans.

À l’intérieur, un petit comptoir et plusieurs étagères sur lesquelles on retrouve trois variétés de marijuana provenant de la Colombie-Britannique, ainsi que plusieurs produits dévirés, dont du chocolat, des bonbons et de la résine contenant du THC, une des substances psychoactives du cannabis.

Les prix varient entre 8 $ le gramme et 180 $ pour 28 g.

Lors du passage du «Le Journal de Montréal», six clients se sont présentés dans le commerce en l’espace d’une dizaine de minutes. Chaque fois, le propriétaire des lieux, Clifton Ariwakehte Nicholas, demandait une carte d’identité qu’il prenait ensuite en photo.

Encore la contrebande

Les clients doivent aussi remplir un formulaire sur lequel on demande entre autres s’ils ont une prescription du docteur pour du pot et pour quelles raisons médicales ils désirent en consommer. Aucune vérification supplémentaire n’est effectuée.

Joint au téléphone, le commerçant a refusé de répondre à nos questions.

Déjà aux prises avec un problème de vente de cigarettes et d’ail des bois de contrebande, le Grand Chef Serge Simon affirme que plusieurs commerces vendent du pot, même si Le Journal a pu constater de visu qu’un seul établissement le fait ouvertement.

«Il y a beaucoup de pauvreté dans les réserves et les territoires. C’était évident que les gens allaient se lancer dans la vente de pot pour pouvoir survivre. J’ai bien peur que certains reprennent aussi la production de pot.»

M. Simon songe à faire adopter prochainement un règlement pour contrôler la vente de cannabis sur son territoire. Mais il n’aurait aucun moyen de le faire appliquer, selon lui.

«Je n’ai pas de policier autochtone et je n’ai pas plus d’inspecteurs pour la qualité du produit», explique-t-il.

La Sûreté du Québec confirme également être au fait de la situation.

«Nous analysons la situation pour le moment», explique le lieutenant Hugo Fournier.

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui chapeaute le projet de loi constituant la Société québécoise du cannabis, a spécifié qu’elle permettra la conclusion d’ententes particulières avec les communautés autochtones.

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