/regional/montreal/montreal

Première épicerie victime d’une «attaque au plastique» en Amérique

Francis Pilon

 - Agence QMI

Une épicerie de Montréal est la première en Amérique à avoir subi une «attaque au plastique» ce dimanche visant à sensibiliser la population au phénomène du suremballage.

Après avoir connu un succès fulgurant en Europe et même en Asie, une «Plastic Attack» a maintenant été réalisée par des citoyens montréalais au Provigo Angus de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.

Une dizaine de paniers d’épicerie attendaient les clients à la sortie du supermarché pour qu’ils puissent jeter le plastique superflu de leurs emplettes. Les emballages étaient ensuite remplacés par des contenants et des sacs réutilisables.

«Le but, c’est vraiment de conscientiser les consommateurs à la surutilisation du plastique et du suremballage des produits à l’épicerie», explique Eva Franc, qui est une des organisatrices de cet événement avec Caroline Thibault et Marie-Ève Bolduc-Lemoyne.

«Si on montre aux supermarchés qu'on ne veut plus de plastique et de suremballage, ils vont changer leur façon de faire. C’est l’offre et la demande», ajoute-t-elle.

Changements réclamés

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui représente la circonscription où avait lieu l'événement, a lui aussi participé à l’attaque au plastique.

«Au Sommet du G7, il y a déjà cinq pays qui ont une stratégie de réduction du plastique, mais pas le Canada n’a rien fait encore pour ça, souligne M. Boulerice. Il était temps qu’un événement comme ça se fasse et on demande à M.Trudeau d’agir face à cette problématique.»

Johanne Héroux, directrice principale des affaires corporatives et des communications pour Provigo, constate aussi qu’il y a encore du chemin à faire pour diminuer le suremballage dans les épiceries.

«Est-ce qu’il y a place à amélioration? Oui, mais il y a des efforts qui se font déjà, mais il y a sûrement encore place à amélioration», confirme-t-elle.

Mme Héroux affirme aussi que l’emballage n’est pas seulement néfaste. Ce dernier permet par exemple d’indiquer les valeurs nutritives et d’assurer la salubrité des aliments.

Un « coup marketing »

Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), affirme que les emballages superflus sont avant tout un «coup marketing» pour les marques.

«Je n’ai jamais vu de ma vie des clients demander plus d’emballage, et s’ils existent, j’aimerais qu’on me les présente», mentionne M. Ménard.

«L’emballage inutile, c’est surtout une façon pour les marques de se démarquer d’une autre. Oui, on n’en parle pas assez au Québec du suremballage et on est un peu pris avec ça. Par exemple, est-ce qu’on va s’empêcher d’acheter un avocat parce qu’il y a du plastique dessus?»

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), environ 8,8 millions de tonnes de plastiques terminent dans les mers chaque année.

Un second événement de ce genre pourrait survenir une fois de plus à Montréal lors du 2 juin prochain. Cette deuxième attaque au plastique devrait avoir lieu simultanément dans d’autres métropoles aux quatre coins de la planète.

Dans la même catégorie