/news/politics

Prestations de maladie : le gouvernement Trudeau appelé à respecter sa promesse

Maxime Huard | Agence QMI

 - Agence QMI

soudure

helenedevun - stock.adobe.com

Alors que la durée des prestations de maladie de l’assurance-emploi est limitée à 15 semaines depuis 1971, le Nouveau Parti démocratique (NPD) veut faire monter la pression sur Ottawa, qui a promis de s’attaquer au problème il y a plus d’un an et demi.

«On attend toujours la réforme promise par le gouvernement», a déploré en entrevue téléphonique la députée Brigitte Sansoucy.

Elle interpellera mardi, en point de presse au Parlement, le ministre responsable de l’assurance-emploi, Jean-Yves Duclos, aux côtés de Marie-Hélène Dubé, une citoyenne engagée qui a initié en 2009 une pétition qui a accumulé à ce jour plus de 600 000 signatures.

«Est-ce qu’on peut régler ça une fois pour toutes? Ils s’étaient engagés, ça va prendre une réponse», a insisté la fondatrice du mouvement 15semaines, une conférencière et survivante du cancer.

Dans le cadre de son passage à Ottawa, cette dernière a demandé une rencontre avec le ministre Duclos. Il avait promis de revoir le délai en septembre 2016 lors d’une entrevue à Radio-Canada.

Présentement, un travailleur forcé de rester à la maison pour des raisons de santé et qui n’a pas d’assurances privées peut bénéficier de prestations de maladie durant seulement 15 semaines.

Le NPD propose de porter la limite à 50 semaines, rappelant qu’un tiers des bénéficiaires se rendent au bout de leurs 15 semaines et se retrouvent ensuite les mains vides. Parmi eux, nombreux sont ceux qui aboutissent sur l’aide sociale et finissent par coûter plus cher à l’État que s’ils avaient touché davantage de prestations, a indiqué Mme Dubé.

Alors qu’il était dans l’opposition en 2012, Justin Trudeau avait voté en faveur du projet de loi C-291, qui visait notamment à mettre en place la limite de 50 semaines.

Le délai de 15 semaines a été mis en place en 1971 sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. «Le fils aurait l’occasion d’améliorer ce que le père a fait, a observé la néodémocrate Brigitte Sansoucy. Il faut tenir compte de la réalité actuelle. Les gens travaillent de plus en plus, et de plus en plus longtemps.»

En tenant compte qu’environ un Canadien sur deux sera victime d’un cancer durant sa vie selon la Société canadienne du cancer, la députée note que la moitié de la population pourrait éventuellement avoir besoin des prestations.

D’ici à ce que le gouvernement agisse dans ce dossier, le NPD demande au Comité permanent des ressources humaines d’entreprendre une étude sur les besoins des prestataires, l’impact de la limite de 15 semaines sur leur rétablissement et sur l’accessibilité au programme.

Une motion en ce sens doit être débattue et soumise au vote des membres du comité mercredi.

Marie-Hélène Dubé a d’ailleurs bon espoir que la motion sera adoptée et que le gouvernement ne fera pas la sourde oreille à ses demandes. «S’il y a une chose qui devrait aller au-delà de la partisanerie, c’est bien la maladie», a noté l’initiatrice de la pétition.

De son côté, le cabinet du ministre Jean-Yves Duclos a soutenu que le gouvernement a apporté d'importantes modifications au programme d'assurance-emploi au cours des deux dernières années.

«Dans notre dernier budget, nous avons annoncé qu'il sera dorénavant possible pour les personnes malades, qui le souhaitent et le peuvent, de retourner travailler à temps partiel afin de prolonger leurs prestations de maladie sur une période plus longue», a rappelé l'attaché de presse du ministre, Émilie Gauduchon.

Le cabinet de M. Duclos s'est tout de même dit ouvert à considérer de nouvelles façons d'améliorer le programme.