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Agressions sexuelles: le nombre de plaintes en hausse à Montréal

 - Agence QMI

Le nombre de plaintes pour agressions sexuelles a augmenté de 23 % à Montréal entre 2016 et 2017. Une hausse qui pourrait avoir été portée par le mouvement social #MeToo (#MoiAussi) lancé à l’automne.

«Pour moi, c’est clair que cela a eu un effet direct», a affirmé Stéphanie Tremblay, porte-parole pour le Regroupement québécois des CALACS, les centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le nombre de crimes enregistrés comme agression sexuelle est passé de 1487 à 1828 de 2016 à 2017, soit une augmentation de 341 plaintes. Entre 2015 et 2016, le nombre de plaintes avait augmenté de 15 %.

Ces chiffres se retrouvent dans un document qui fait un survol du rapport annuel 2017 du SPVM, qui sera présenté le 22 mai à la Commission de la sécurité publique à l’hôtel de ville de Montréal.

La directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de Montréal Jenny Charest n’est pas étonnée pas de la hausse. Elle croit que le mouvement #MoiAussi a eu un effet positif qui a incité davantage de victimes d’agressions sexuelles à aller chercher de l’aide. «Le phénomène a amené davantage de gens à s’informer et à dénoncer, c’est ce qu’on constate», a-t-elle indiqué.

Un long processus

Rita Acosta, intervenante pour le Mouvement contre le viol et l’inceste, nuance toutefois la portée de ces chiffres.

Pour évaluer l’effet du mouvement #MoiAussi lancé en fin d’année, elle croit qu’il faudrait plutôt observer la variation du nombre de plaintes entre 2017 et 2018, parce que le processus est long.

«Les femmes vont d’abord aller chercher de l’aide psychosociale. Ensuite, avec la prise de pouvoir, après elles vont aller porter plainte. Il faut leur donner du temps», a-t-elle expliqué.

Une dénonciation ne veut pas nécessairement dire qu’une plainte sera déposée, a aussi souligné Jenny Charest. Dans la foulée des affaires Rozon et Salvail à l’automne, le SPVM avait créé une ligne téléphonique de dénonciation qui avait enregistré un fort volume d’appels.

Rita Acosta, Stéphanie Tremblay et Jenny Charest ont toutes confirmé avoir eu dans les derniers mois une augmentation du nombre d’appels et de demandes de soutien au sein de leurs centres d’aide.

Peu d’accusations

Stéphanie Tremblay s’est réjouie de l’augmentation du nombre de plaintes, mais a rappelé que le nombre d’accusations reste faible. Selon le SPVM, 288 adultes et 58 mineurs ont été accusés d’agressions sexuelles en 2017.

«Plus de plaintes ne veut pas dire qu’il y a plus d’agressions, a-t-elle précisé. Les gens ont plus confiance en notre système pour porter plainte, mais ça reste à voir si ça va mener à des accusations et à des condamnations.»

Le SPVM et le syndicat de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal n’ont pas voulu mardi commenter les statistiques avant la présentation du 22 mai.

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