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Nourcy se place à l’abri de ses créanciers

Dominique Lelièvre | Agence QMI

Le groupe Nourcy se met à l’abri de ses créanciers après avoir perdu son contrat à l’aéroport de Québec et suspendu plusieurs de ses activités.

L’entreprise s’est officiellement placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, a-t-on appris dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, mercredi. Nourcy, qui avait admis éprouver des difficultés financières vendredi, entend maintenant faire une proposition de restructuration à ses créanciers.

Le groupe spécialisé dans les services alimentaires a dû faire une croix sur son restaurant à l’aéroport de Québec, ouvert il y a seulement cinq mois, et dont les opérations ont cessé mercredi matin. Nourcy avait pourtant assuré que la succursale resterait ouverte. Une porte-parole de l’aéroport a justifié cette décision «en raison d’obligations contractuelles qui n’ont pas été respectées».

«On a dû prendre la décision difficile, mais nécessaire de mettre un terme à nos relations d’affaires avec Nourcy», a poursuivi Laurianne Lapierre, disant ne pas vouloir entrer dans les détails «par respect pour les parties concernées».

Dans son communiqué émis mercredi, Nourcy précise que ses activités au Village Vacances Valcartier se poursuivront normalement afin d'assurer un service continu à la clientèle. En ce qui concerne les opérations du Commissariat, des discussions sont en cours avec les responsables de l’hôtel.

Aucun autre commentaire ne sera fait, signale l’entreprise.

C’est donc dire qu’il ne reste plus qu’un seul restaurant dans la partie sécurisée de l’aéroport, rénovée à grands frais l’an dernier. En attendant l’ouverture d’un café Starbucks à l’automne, le bar à pizza de Pidz, aménagé il y a un mois, continue de servir les clients.

«Tous nos efforts sont investis afin d’assurer une transition rapide pour être certains que nos passagers ont accès à une nouvelle offre dans les plus brefs délais», a mentionné Mme Lapierre.

Malgré tout, l’administration aéroportuaire affirme ne pas regretter sa décision de s’être tourné vers les services de Nourcy en premier lieu. Elle s’était d’ailleurs fait un point d’honneur de donner une touche locale à sa foire alimentaire.

«Au moment où les décisions ont été prises [avec Nourcy], rien ne laissait présager la situation que l’on connaît actuellement», a ajouté Laurianne Lapierre.

Employés «dans le néant»

La fermeture du restaurant Nourcy de l’aéroport s’ajoute à l’arrêt «temporaire» des activités de quatre succursales et de son service de traiteur, décrété vendredi dernier. L’entreprise avait alors admis éprouver des «difficultés financières» et reconnu une croissance «peut-être» trop rapide de ses opérations.

Ces difficultés seraient telles que des employés n’ont pas touché leur dernière paye, selon ce que plusieurs ont affirmé au «Journal de Québec». «Notre dernière paye, on ne l’a pas reçue, non. [Parmi] tous ceux qui ont été licenciés, aucun n’a reçu leur paye», a dénoncé Simon Malouin, qui a appris par le biais des médias que le comptoir Nourcy pour lequel il travaille depuis un an, dans un garage du boulevard Pierre-Bertrand, était fermé pour une durée indéfinie.

L’homme dit avoir été très étonné par l’annonce de son employeur, avec qui il dit avoir toujours eu de bonnes relations. «Je savais qu’on allait avoir des problèmes parce que je voyais qu’on grossissait trop vite, mais aussi grave que ça, je n’aurais pas pensé», a-t-il laissé tomber.

Deux autres employés qui ont requis l’anonymat ont tenu un discours semblable. Ils estiment à environ une trentaine le nombre de travailleurs touchés par les mises à pieds temporaires.

«On est dans le néant depuis vendredi à savoir ce qu’il se passe avec nos payes. Est-ce qu’on s’en va sur une faillite?», se questionnait l’un d’eux.

«J’ai comme travaillé trois semaines bénévolement, à date. On ne peut même pas aller au chômage parce qu’on n’a même pas l’attestation d’emploi, on n’a rien, on est dans le néant, on essaie d’appeler et personne ne nous dirige», a-t-il ajouté.

Un autre a parlé de «congédiement massif», disant ne pas croire à une reprise des activités aux comptoirs fermés. «C’est très triste, on a travaillé fort», a-t-il affirmé. Il estime que le propriétaire, Michel Bellavance est «un bon gars» qui se serait «mal entouré».

Le groupe Nourcy n’a pas donné suite à nos questions à ce sujet.

Il y a quelques jours, l’entreprise a aussi dû retarder l’ouverture de quelques semaines de son Bistro de la Marina au Parc Nautique Lévy, évoquant «des raisons hors de [son] contrôle» sur Facebook.

Rappelons que la famille Nourcy, associée au domaine de la restauration depuis 40 ans, ne fait plus partie de l’organisation depuis le début de l’année 2017, même si le groupe en a conservé le nom.

- avec la collaboration de Jean-François Racine

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