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Le fédéral embarrassé par le témoignage d’un djihadiste de Toronto

Le gouvernement fédéral a dû défendre le travail de ses agences de sécurité, vendredi, après qu’un ex-djihadiste vivant à Toronto eut décrit dans un podcast toutes les violences qu’il a commises au sein du groupe armé État islamique en Syrie.

Le jeune homme présenté comme Abu Huzayfah, qui a quitté l’organisation terroriste pour revenir au Canada, fait l’objet de «Caliphate», baladodiffusion de la journaliste Rukmini Callimachi, du quotidien «The New York Times».

Dans les deux derniers chapitres mis en ligne, le Torontois d’origine pakistanaise confie en détail comment il s’est notamment livré à des exécutions sommaires de prisonniers et à de sanglants actes de tortures.

L’opposition officielle a demandé des comptes au ministre de la Sécurité publique vendredi aux Communes.

«Abu Huzayfah se vante d'avoir été éclaboussé de sang en fouettant brutalement des gens qui n'avaient pas respecté leurs lois, et il admet fièrement avoir assassiné des prisonniers du groupe État islamique et avoir senti l'odeur du sang sur ses mains. Pourquoi le premier ministre laisse-t-il ces terroristes assoiffés de sang marcher dans nos rues?» a demandé le porte-parole conservateur en matière de sécurité publique, Pierre Paul-Hus.

Reconnaissant qu’il était au courant du podcast en question, le ministre Ralph Goodale a assuré que personne ne bénéficiait de «traitement spécial». Il a toutefois refusé de commenter les détails du cas d’Abu Huzayfah.

«Les Canadiens peuvent être certains que nos agences de sécurité s’assurent de connaître tous les faits et de prendre toutes les mesures nécessaires pour garder les Canadiens en sécurité», a-t-il répété à quelques reprises.

Le ministre avait confirmé l’automne dernier qu’une soixantaine de djihadistes canadiens sont revenus au pays après avoir joint les rangs de groupes terroristes à l’étranger.

Les conservateurs ont dénoncé les réponses évasives de M. Goodale.

«Dans les derniers mois, quand on posait des questions sur les 60 combattants, on nous disait que c’était compliqué, qu’il fallait avoir des preuves. Là, on a une preuve claire, a souligné M. Paul-Hus.On veut qu’il y ait une arrestation dès que possible, dès ce soir s’il le faut et qu’on arrête de tourner autour du pot.»

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