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La victime était dans la mire du crime organisé

Éric Thibault | Journal de Montréal

L’homme criblé de balles au volant de sa luxueuse décapotable blanche, lundi à Montréal, était dans la mire du crime organisé, en plus d’être visé par une enquête policière.

De toute évidence, Samy Kaci Mokaddem, 39 ans, s’était fait plusieurs ennemis dans le monde interlope avant d’être atteint d’au moins un projectile à la tête dans la rutilante Bentley dont il est propriétaire, en début d’après-midi, dans le quartier Rosemont.

La voiture d’une valeur de plus de 300 000$ à l’état neuf était stationnée en face d’une boutique d’articles de vapotage, sur la rue Bélanger, quand un tireur s’est approché de sa cible et a fait feu à bout portant.

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«On a entendu un coup de fusil, puis, plus rien du tout, pas de voiture qui démarrait en trombe», a indiqué Carl Blanchette, qui travaillait à l’étage de l’immeuble devant lequel la fusillade a eu lieu.

Pistolet abandonné

Comme dans plusieurs règlements de comptes commandé par le crime organisé, le suspect a abandonné son pistolet sur la chaussée et pris la fuite en courant vers la rue Fabre où un complice l’attendait vraisemblablement dans une auto.

La victime était toujours hospitalisée dans un état jugé critique, mais stable, lundi en début de soirée, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dont les enquêteurs tenteront d’élucider ce crime.

Selon les informations obtenues par Le Journal, Samy Kaci Mokaddem, qui est originaire de l’Algérie et a vécu en France, s’était établi à Montréal depuis moins de quatre ans.

L’homme qui aurait gravité autour des Hells Angels était, selon nos sources,soupçonné par un corps policier de la région métropolitaine dans une enquête pour fraude impliquant la production de faux chèques.

Accusé d’extorsion

Sur le web, on trouve aussi un blogue où des Français se plaignent que ce même Mokaddem les aurait floués dans une arnaque de vente de véhicules de luxe avant de s’exiler au Canada sans avoir été épinglé.

En novembre 2017, Samy Kaci Mokaddem a été arrêté par le SPVM et accusé d’extorsion, d’intimidation et de harcèlement criminel pour avoir présumément tenté de soutirer des sommes d’argent à deux plaignants en usant de violence. Selon plusieurs sources, il serait collecteur pour le crime organisé.

Il avait été détenu durant cinq jours avant d’obtenir sa liberté provisoire moyennant une caution de 30 000$ et devait subir son enquête préliminaire dans un mois.

Samy Kaci Mokaddem agit comme président, secrétaire et trésorier de IJ Investissements Canada inc., une compagnie dont le premier actionnaire est basé en France. Même si elle se dit spécialisée dans le domaine immobilier, IJ Investissements Canada ne détient aucun immeuble au Québec.

Mauvais payeur

En 2015, Mokaddem et la compagnie qu’il préside ont été expulsés de leurs locaux par la Régie du logement alors qu’ils devaient près de 9000 $ en loyer impayé.

Un an plus tard, un cabinet d’avocats de la rue Notre-Dame réclamait plus de 5000 $ à Mokaddem en honoraires impayés.

– Avec la collaboration de Vincent Larin, Michaël Nguyen, le Bureau d’enquête, l’Agence QMI et Félix Séguin

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