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Luck Mervil comprend mal que sa victime a encore peur de lui

Michael Nguyen | Journal de Montréal

L'auteur-compositeur Luck Mervil comprend mal que la jeune femme qu'il a exploitée sexuellement il y a deux décennies continue d'avoir peur de lui, puisqu'il se dit pacifiste avec la main sur le cœur.

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«Le fait d'avoir perdu ma virginité ainsi m'a traumatisée, j'ai vécu dans la honte, c'était trop lourd à porter pour moi. J'ai peur pour ma vie, j'ai la peur au ventre, peur de lui, peur de représailles », a témoigné en tremblant la victime de Mervil, ce vendredi au palais de justice de Montréal.

En larmes, la femme maintenant âgée dans la trentaine a difficilement expliqué comment l'agression qu'elle a subie dans les années 90 a changé sa vie, pour le pire.

«J'ai perdu toute estime de moi, a-t-elle dit. Ça a changé ma vie à tous les niveaux, toute ma vie aurait été autrement.»

 

Mervil, 50 ans, a plaidé coupable lundi à une accusation d’exploitation sexuelle sur une mineure alors qu’il était en relation d’autorité, il y a plus de 20 ans.

Il devrait écoper d’une peine de prison à domicile d’une durée de six mois, tel que proposé par la procureure Anne Gauvin et l’avocat de la défense Philippe Larochelle.

«C’est une suggestion mûrement réfléchie, rien n’a été laissé de côté», a assuré Me Gauvin.

Les attouchements sexuels ont débuté en janvier 1996 alors que la victime, dont l’identité est protégée, avait 17 ans. Les gestes ont perduré pendant six mois, selon le plaidoyer de culpabilité, mais les relations sexuelles auraient continué pendant des années, quand la victime a quitté le pays tellement elle était traumatisée.

«Il y a eu de l’amour, du partage et des émotions, a assuré Mervil en faisant référence aux années suivant l’exploitation sexuelle. Je ne peux pas comprendre qu’elle pense à des représailles.»

Excuses

Après le témoignage de la victime, Mervil s'est avancé à la barre pour faire de même. Sa victime, assise dans la salle, n'a pas voulu l'entendre puisqu'elle est immédiatement sortie, accompagnée de quelques proches.

«Je tiens à m'excuser, à offrir mes plus sincères et profondes excuses», a-t-il dit en guise d'introduction ajoutant qu’il s’excusait aussi au peuple québécois.

Mais s'il reconnaît que sa victime et la famille de celle-ci a souffert, il a rappelé que ses proches ont aussi vécu difficilement tout le tourbillon médiatique qui a suivi le dépôt d'accusations il y a 4 ans.

Il s’en est d’ailleurs pris aux médias qui ont couvert les procédures judiciaires en disant qu’avec toute l’attention médiatique, il aurait presque besoin d’avoir des gardes du corps.

«Je suis prêt à accepter les conséquences, je ne souhaite pas minimiser», a-t-il toutefois souligné.

La juge Mélanie Hébert annoncera la semaine prochaine si elle accepte la recommandation de sentence des avocats.

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