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Il a agressé sa voisine intoxiquée au Four Loko

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Un étudiant qui avait abusé de sa voisine de chambre intoxiquée au Four Loko lors d’une fête a été déclaré coupable d’agression sexuelle, même s’il jurait que la femme saoule était «pas mal après lui».

«Il n’y a jamais eu de consentement de [la part de la victime], à quelque moment que ce soit, aux actes sexuels, tranche le juge Martin Gagnon dans une récente décision. [Thomas Boivin] a nettement fait preuve d’insouciance ou d’aveuglement volontaire.»

En février 2017, à Rimouski, la victime, dont l’identité est protégée par le tribunal, s’est réunie avec quelques amis et ils ont consommé de l’alcool.

Au cours de sa soirée, elle boit quelques shooters et près de quatre Four Loko. Cette boisson controversée contient 11,9% d’alcool et est très sucrée. Une seule canette est l’équivalent de quatre verres de vin.

Tous les gens présents à la soirée ont affirmé que la jeune femme était dans un état d’ébriété très avancé. Sauf Boivin, aujourd’hui âgé de 22 ans.

Après la nuit bien arrosée, la victime soutient qu’elle est retournée à sa chambre et qu’elle s’est endormie presque immédiatement.

«Ça va aller»

À une heure indéterminée, elle se réveille. Un homme lui serre les poignets. Il l’agresse sexuellement.

«Ben non, inquiète-toi pas, ça va aller», a dit Thomas Boivin à sa victime en la pénétrant. Celle-ci n’a que de vagues souvenirs de l’agression. Elle était tellement saoule qu’elle se croit dans un mauvais rêve.

Ce n’est qu’après avoir dégrisé qu’elle réalise avec horreur qu’elle est à moitié nue et que Boivin est couché derrière elle. Ébranlée et en pleurs, elle quitte la chambre pour aller rejoindre un ami afin de lui confier ce qui vient de se produire.

Lors du procès, Boivin a affirmé devant la cour que la victime était « pas mal après lui », ce qu’aucun témoin ne corrobore.

Pas fiable

Après être entré dans la chambre de la jeune femme, il dit avoir jugé que les effets de l’alcool se sont dissipés, et que la jeune femme s’est jetée sur lui en initiant la relation sexuelle. Le juge a balayé du revers de la main la déclaration du natif de Chicoutimi, la qualifiant «d’invraisemblable, déraisonnable et trompeuse», et ajoutant qu’il n’est «ni crédible ni fiable».

En déclarant Thomas Boivin «hors de tout doute raisonnable» coupable d’agression sexuelle, le juge a estimé qu’il n’avait jamais pu croire sincèrement que la victime ait donné son consentement, puisque cette dernière était inconsciente.

L’avocat de Thomas Boivin n’a pas répondu aux appels du Journal.

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