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La majorité de nos gènes incapables de s'adapter à un horaire de nuit

Des chercheurs québécois qui se sont intéressés à l'effet du travail de nuit sur le corps humain ont réalisé que bien peu de nos gènes parviennent à s'adapter à un rythme de vie faisait fi de l'horloge biologique.

Pour parvenir à ce résultat, l'équipe de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas a suivi huit volontaires qui ont été placés dans des chambres d'isolement temporel, sans indice sur la «vraie» heure du jour. Ils ont alors fait quatre quarts de travail simulés de nuit, dormant ensuite de jour.

Au cours de l'expérience, durant laquelle les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang aux cobayes, les scientifiques ont remarqué que l’expression des gènes liés au système immunitaire et aux processus métaboliques ne changeait pas pour s'adapter au rythme de nuit.

«Après l’exposition à l’horaire de nuit, on a observé qu’environ 25 % des gènes étudiés présentaient une perte de rythme; que 73 % ne se sont pas adaptés aux quarts de nuit, demeurant alignés sur un horaire de jour; et que moins de 3 % se sont adaptés – partiellement – à l’horaire de nuit», a décrit par communiqué le Dr Nicolas Cermakian, un professeur spécialisé en chronobiologie moléculaire à l'université McGill.

Cette incapacité du corps humain à s'adapter à un rythme de travail de nuit pourrait entraîner des conséquences. «On croit que les changements moléculaires observés pourraient contribuer à l’apparition de troubles de santé tels que le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires, qui sont plus fréquents chez les travailleurs de nuit de longue date», a détaillé la Dre Diane B. Boivin, fondatrice et directrice du Centre d'étude et de traitement des rythmes circadiens de l'Institut Douglas.

Les chercheurs ont toutefois apposé un bémol sur leur étude, en soulignant qu'elle a été menée dans un contexte hautement contrôlé et qu'il serait intéressant de la répéter auprès de véritables travailleurs de nuit.

L'étude a été publiée dans la revue spécialisée «Proceedings of the National Academy of Sciences of the U.S.A» au début du mois.

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