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L'université gratuite pour les ménages sous le revenu médian

 - Agence QMI

Le Parti québécois (PQ) a pris un engagement-surprise dimanche en promettant l’abolition des frais de scolarité, d’ici quatre ans, pour les enfants de ménages qui se trouvent sous le revenu médian.

«Notre objectif, c’est que, dans le premier mandat, on aille jusqu’au milieu de la classe moyenne. C’est à dire que pour tous les enfants de milieu modeste, classe moyenne inférieure et jusqu’au milieu de la classe moyenne, les droits de scolarité soient à zéro», a affirmé le chef péquiste Jean-François Lisée à la clôture du Conseil national du PQ à Drummondville.

La mesure était évoquée dans le programme du parti adopté à l’issu de son congrès en septembre dernier, mais elle n’avait pas été détaillée.

Le chef péquiste estime que sa promesse pourrait coûter environ 400 millions $ aux finances publiques. Jean-François Lisée n’a toutefois pas précisé où il compte prendre l’argent pour financer son engagement. Toutefois «il n’y aura pas de hausse de fardeau fiscal», a-t-il promis.

Son parti établit le milieu de la classe moyenne au revenu médian des ménages, soit 59 200 $ selon Statistiques Canada. Le revenu médian est «une cible mouvante et on va vouloir bouger avec elle», a précisé M. Lisée.

Pour les niveaux primaire et secondaire, le PQ s’engage également à offrir la gratuité scolaire complète. Finis, donc, les frais de garde et autres coûts afférents.

Cégeps anglophones

Par ailleurs, la diminution du financement des cégeps anglophones, obtenue à l’arraché lors du dernier congrès du PQ, ne se retrouve pas dans la plateforme électorale du parti dévoilée dimanche.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, avait réussi à faire adopter ce compromis en septembre dernier, en échange de l’abandon de l’application de la loi 101 aux cégeps, proposé alors par une trentaine d’associations de comté péquistes.

Les militants s’étaient entendus pour que le «financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu’il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté».

Mais la mesure ne se retrouve pas dans les promesses électorales rendues publiques dimanche par le PQ lors de son Conseil national, qui se tient à Drummondville. Elle n’a pas été «priorisée» par le comité politique, ont expliqué les porte-parole de la formation.

Déjà à l’époque, les interprétations divergeaient sur la signification de la mesure. Pour Marc Laviolette, ardent défenseur de la langue française, l’amendement adopté signifiait que le financement des cégeps diminuerait avec le temps, peu importe le niveau de fréquentation. Jean-François Lisée, lui, affirmait plutôt que la réduction du financement s’effectuerait en attirant plus de jeunes vers le réseau francophone.

Promotion du français

Dans ses premières promesses électorales - d’autres pourraient s’ajouter - le PQ propose plutôt que les cégeps et universités anglophones devront exiger une «réelle connaissance du français» de la part de leurs diplômés.

À l’inverse, les cégeps francophones devront aussi offrir des parcours enrichis en anglais, dont une session dans un cégep anglophone.

La plateforme électorale présente également de nombreuses mesures pour promouvoir la connaissance du français. Ainsi, un gouvernement péquiste adopterait une loi 202 dans les 101 premiers jours de son mandat qui inclurait tous ses engagements en matière de langue, immigration et francisation.

Sous un gouvernement Lisée, 100 % des futurs immigrants et leurs conjoints devront maîtriser la langue française avant d’être admis sur le territoire.

La loi 101, elle, serait étendue aux entreprises de 25 à 50 employés et Québec communiquerait uniquement en français avec celles-ci.

Laïcité

En matière de laïcité, le PQ intégrera des balises pour les accommodements religieux dans la Charte des droits et libertés de la personne. Le principe de la laïcité de l’État sera également inclus dans la Charte.

Le parti promet également, dans sa plateforme électorale, d’«exclure les accommodements incompatibles avec l’égalité entre les hommes et les femmes».

De plus, les personnes en position d’autorité (juges, procureurs, gardiens de prison et policiers) devront s’abstenir d’afficher des signes religieux. La mesure s’appliquerait aussi aux enseignants et éducateurs en garderie, mais un droit acquis s’appliquerait pour les personnes déjà en place.

Le cours d’Éthique et culture religieuse serait également remplacé par un cours d’éthique et de citoyenneté québécoise.

Baisse de tarifs des CPE

Tel qu’annoncé en janvier dernier, le PQ proposera le retour à un tarif unique de 8,05 $ pour un premier enfant en CPE, et de 4 $ pour un second enfant. Le troisième fréquenterait le service de garde gratuitement, tout comme les enfants des familles dont le revenu n’excède pas 34 000 $ annuellement.

De plus, le parti se dit en faveur de l’instauration d’une «véritable gratuité scolaire» de la maternelle à l’université. Le parti précise toutefois que la «gratuité effective» au niveau postsecondaire signifie une bonification de l’aide financière pour les étudiants moins nantis, et non pas l’abolition des frais de scolarité pour tous.

Toujours en éducation, la plateforme prévoit une «révision du financement de l’école privée», sans préciser dans quelle proportion.

Tribunal sur la violence sexuelle

Dans le domaine de la justice, le parti promet d’abolir le délai de prescription pour les recours civils en matière d’agression sexuelle, en plus de bonifier l’aide aux victimes d’actes criminels et de réformer le droit de la famille.

La formation de Jean-François Lisée s’engagera également à créer un tribunal spécialisé pour les victimes de violence sexuelle ou conjugale au sein de la Cour du Québec, une mesure dévoilée récemment par la vice-cheffe Véronique Hivon.

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