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«Le courant d’air me fait mal», dit un ex-pompier souffrant de douleurs chroniques

TVA Nouvelles

Michel Legris est un ex-pompier dont la vie a basculé en 2014. Il a reçu un diagnostic de syndrôme de douleur régionale chronique. Il n'existe aucun traitement pour sa condition. Seuls les opioïdes le soulagent. Mais à quel prix?

«Le courant d’air me fait mal. J'ai même eu de la misère un peu avec une pharmacie avec ça! On m'a jugé comme étant quelqu'un qui est accro à cette cochonnerie-là», affirme Michel Legris

M. Legris n'est pas seul dans sa situation. Les résultats d'un sondage mené par le CHUM auprès de malades chroniques confirment qu'ils sont nombreux à être victimes de préjugés depuis la crise des opioïdes ultramédiatisée. Les résultats de l’enquête ont été présentés à l'Association québécoise de la douleur chronique qui regroupe 8000 membres.

«C'est à peu près un patient sur cinq qui se dit gêné par le fait de prendre des opioïdes», informe la Dre Manon Choinière, chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Le sondage révèle que plusieurs médecins mettraient de la pression auprès des patients pour qu'ils cessent leur médication. «Ça va avoir un impact sur sa qualité de vie, bien évidemment!», explique la Dre Choinière.

Vincent Raymond a subi un grave accident de vélo et qui prend des opioïdes depuis 2003. «Ça me permet de fonctionner, ce n’est pas compliqué. Sans ça, je vais me réveiller trois fois, soutient-il. Bien, je me réveille toutes les heures et demie pour marcher la nuit. Et je suis capable de travailler.»

Il a lui aussi été victime de préjugés. «C'est sûr qu'on a un stigma. Je me suis fait faire la morale 2-3 fois, si on veut. Ça fait peur aussi les premières fois que vous le dites à vos amis que vous prenez de l'oxycodone ou des opioïdes. Ils sont là et ils se demandent pourquoi vous prenez ça, est-ce que vous êtes dépendant.»

«Chez les personnes qui souffrent de douleur chronique, le risque de développer des problèmes d'abus ou d'addiction, c'est quand même rare», précise Manon Choinière.

«J'ai pas demandé ma condition. J'ai pas demandé d'avoir ça, là», conclut Michel Legris.