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Il dénonce la «sentence bonbon» d’un pimp

PHOTO COURTOISIE, POLICE DE LAVAL

Le père d’une adolescente de 16 ans qui a fugué du centre jeunesse de Laval pour rejoindre un pimp trouve «nettement insuffisante» la peine de cinq ans de détention dont ce dernier a écopé jeudi.

«C’est vraiment une sentence bonbon. Il aurait mérité au moins 10 ans», déplore le père de famille de Laval.

Et puisque Jean-Louis Kouadio est détenu depuis son arrestation en avril 2016, il ne lui reste qu’un peu moins de deux ans à passer derrière les barreaux.

C’est un double affront pour le père dont nous tairons l’identité pour préserver l’anonymat de sa fille.

«Je ne comprends pas notre système de justice. Laisser aller des gens comme lui, qui détruisent la vie de nos enfants, c’est tout à fait inacceptable», rage-t-il.

Peine minimale

Les cinq années de détention imposées jeudi par le juge Marc-André Dagenais, au palais de justice de Laval, correspondent à la peine minimale prévue par la loi pour ce type de crime.

En janvier dernier, l’homme de 24 ans a reconnu avoir recruté et exercé un contrôle sur deux mineures pour qu’elles offrent des services sexuels moyennant rétribution. Il a obligé une ado de 15 ans à se prostituer dans un hôtel montréalais durant un week-end, en septembre 2015.

À l’hiver 2016, il a fait de même avec une fille de 16 ans qui résidait au centre jeunesse de Laval. Il avait été convenu qu’elle fuguerait pour rejoindre le proxénète durant une sortie chez ses parents.

Toronto

Après l’avoir forcée à recevoir des clients à Laval et Montréal, Kouadio a amené la jeune fille à Toronto. Il avait pris soin de lui acheter de nouveaux vêtements puisque sa fugue avait été grandement médiatisée.

L’ado devait remettre tous ses gains, pouvant atteindre 1800 $ par jour, au proxénète.

Les policiers l’ont retracée après une dizaine de jours.

En imposant la sentence, le juge Dagenais a considéré le fait que les adolescentes n’avaient pas passé beaucoup de temps sous le joug du pimp.

«C’est parce qu’il s’est fait pogner, s’est exclamé le père de l’adolescente de 16 ans en entrevue avec Le Journal. Ma fille aurait peut-être été partie pendant des mois si sa disparition n’avait pas pris une si grande ampleur. Lui, son intention, c’était de la faire travailler.»

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