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Vote de confiance perdu

Bloc québécois : Martine Ouellet quitte son poste et règle ses comptes

Maxime Huard | Agence QMI

 - Agence QMI

Désavouée par ses membres, Martine Ouellet a annoncé lundi qu’elle quittait la direction du Bloc québécois en réglant ses comptes avec ses adversaires politiques : son ancien allié Mario Beaulieu, l’ex-leader du parti Gilles Duceppe et les sept députés démissionnaires.

«Le principal obstacle à la réalisation de la république du Québec vient de l’interne», a déclaré la chef sortante au cours d’un point de presse chargé en émotions, lundi à Montréal. Elle cédera officiellement son poste de chef lundi prochain.

Alternant entre la tristesse et la colère, Martine Ouellet a vertement critiqué le député et président du Bloc, Mario Beaulieu, qui a milité contre elle en vue du vote de confiance. La politicienne a accusé M. Beaulieu de l’avoir renié, alors que c’est lui qui l’a fait venir au parti.

Seulement 32 % des membres du Bloc québécois ont appuyé Martine Ouellet au cours du vote de confiance tenu vendredi et samedi. L’ancienne députée péquiste, devenue indépendante à l’Assemblée nationale, a mis ce maigre résultat sur le compte de «la campagne négative, agressive, de dénigrement et d’intimidation de Mario Beaulieu».

Duceppe et les démissionnaires écorchés

Elle a aussi blâmé «l’acharnement» de l’ancien leader bloquiste, Gilles Duceppe, qui a appelé à plusieurs reprises au départ de la chef dans les médias.

Martine Ouellet perdait sans cesse des appuis depuis que sept de ses dix députés ont claqué la porte du caucus en février, critiquant son style de gestion ainsi que son intransigeance sur la question de la promotion de l’indépendance.

Lundi, Mme Ouellet les a non seulement accusés de «sabotage», mais elle les a conspués pour leur manque de courage. «C’est une logique tordue et détraquée de penser qu’en ne parlant pas d’indépendance, on va faire avancer la cause», a-t-elle dénoncé.

Cette dernière a convenu qu’elle n’était «pas parfaite», mais elle a principalement rejeté la faute de son revers sur les attaques à son endroit, qu’elle explique en partie par le fait qu’elle est une femme.

Elle s’est défendue de se livrer elle-même à des attaques. «Je ne critique pas qui que ce soit, ce sont des faits», a-t-elle nuancé.

 

Avenir incertain

Toujours députée provinciale de Vachon, Martine Ouellet compte maintenant terminer la session parlementaire à l’Assemblée nationale et prendre du recul pour réfléchir à son avenir.

Bien qu’elle ne se représentera pas dans sa circonscription aux élections d’octobre, elle ne renonce pas pour l’instant à l'action politique. «Ça fait plus de 30 ans que je suis dans la vie politique. Je vais continuer, pour moi rien n’est terminé», a assuré l’élue de 49 ans.

Elle a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’elle était en politique pour la cause, et non pour le titre de chef. Pour preuve, Martine Ouellet a profité de son annonce pour lancer la revue «Oui je le veux».

À l’issue du vote dimanche, le député et président du Bloc, Mario Beaulieu, a appelé au ralliement des sept députés démissionnaires qui avaient tourné le dos au Bloc à Ottawa. Ces derniers réagiront lundi après-midi dans la capitale fédérale.

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