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Elle poursuit ses propres parents

Michaël Nguyen | Agence QMI

Wooden judges gavel on wooden table, close up

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Une résidente en médecine poursuit ses parents pour 1 million $ en guise de réparation pour les nombreuses corrections et humiliations qu’elle affirme avoir subies dans son enfance.

«Durant toute son enfance [elle] a subi des abus psychologiques assimilables à des traitements inhumains et dégradants, voire à des actes de torture», déplore Valérie Millette dans sa poursuite civile.

La Montréalaise de 32 ans dit notamment avoir subi une centaine de séances de «fessées brutales» de la part de son père, Michel Millette, des coups de pieds brutaux ou encore des heures agenouillées à se faire humilier verbalement.

«La colère, le degré d’agressivité et la perte de contrôle [du père] faisaient craindre le pire [à Mme Millette], elle a eu à certaines occasions peur de mourir», peut-on lire dans le document de cour.

La conjointe du père, Marie-Claude Rioux, n’aurait pas été en reste. En plus de fermer les yeux sur les corrections, elle en aurait aussi profité pour frapper la fille ou l’isoler dans sa chambre, parfois toute une journée. Un jour où la petite refusait de manger, la conjointe du père lui aurait plongé la tête dans une cuvette pour la «corriger».

À cela s’ajoute l’intimidation, des moqueries, de la privation de sommeil ou encore des iniquités entre la façon dont elle était traitée par rapport à son frère et sa sœur.

«Ces jeux psychologiques, bien que certains puissent sembler banals, ont entraîné [...] de graves conséquences sur la vie et le bien-être de [Valérie Millette]», indiquent les avocats dans leur poursuite.

Conséquences

Valérie Millette aurait finalement été mise à la porte de chez elle à 16 ans. Après des années de sévères corrections, les séquelles sont encore présentes, affirme-t-elle dans sa poursuite.

Elle affirme ainsi avoir développé un trouble anxieux, un problème d’estime de soi ou encore des insomnies et une phobie sociale. Malgré tout, Mme Millette a quand même réussi à terminer ses études de médecine.

C’est en consultant le psychiatre Pierre Mailloux à partir de 2014 qu’elle dit avoir fait le lien entre ses problèmes et son enfance. C’est à ce moment qu’elle a entamé sa poursuite civile d’un million de dollars pour «atteinte intentionnelle et illicite à la dignité».

«Les défendeurs ont bel et bien commis des fautes dans leur devoir de garde, de surveillance et d’éducation de leur enfant», soutiennent les avocats de Valérie Millette dans leur poursuite.

Pas d’arrêt

Les parents de la femme ont tenté de faire invalider le recours, affirmant que le délai de prescription était dépassé, qu’il était abusif et qu’il était voué à l’échec.

Ils affirmaient également que leur fille n’était pas une enfant sage, qu’elle ne respectait pas l’autorité, qu’elle consommait de la drogue, et qu’elle avait même déjà fugué pendant deux jours, alors qu’elle était mineure.

«Il conviendrait de s’interroger sur la cause d’un tel comportement», a noté la juge Lisa Matteau, la semaine passée, avant de rejeter tous les arguments des parents et permettant ainsi à la poursuite civile de continuer son cheminement.

Contacté par «Le Journal de Montréal», Michel Millette n’a pas souhaité commenter le dossier. Sa fille Valérie Millette a également décliné la demande d’entrevue par respect pour les procédures toujours en cours.

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