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Il réclamait de la bière durant son interrogatoire

Interrogé relativement à la disparition de sa conjointe enceinte, un alcoolique de Belœil, aujourd’hui accusé de meurtre, a répété à un enquêteur qu’il avait «soif pour mourir» et qu’une bière lui remettrait les idées en place.

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«Je suis tellement dans la brume. Tu me donnerais cinq, six bières, ça me reviendrait», a dit Alexandre Gendron au sergent-détective Éric Gagné.

Le suspect, alors âgé de 35 ans, avait bu sa dernière gorgée de bière à peine quelques heures plus tôt, devant les enquêteurs de la Sûreté du Québec venus le chercher à sa résidence pour l’amener au quartier général, à Montréal. C’était le 6 août 2015.

Sa conjointe, Cheryl Bau-Tremblay, était disparue depuis cinq jours et les policiers considéraient dorénavant le dossier comme un homicide.

La femme de 29 ans, qui était enceinte de 20 semaines, aurait dit à Gendron qu’elle le quitterait s’il ne cessait pas de boire. Celui-ci subit actuellement son procès pour le meurtre non prémédité de sa conjointe.

La majeure partie de son interrogatoire vidéo a déjà été montrée au jury et au juge Daniel Royer, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

«Une 24 par jour»

Vendredi, les 12 jurés ont pu entendre l’accusé réclamer de la bière à l’enquêteur Gagné à au moins huit reprises en quelques heures.

«Y’a-tu moyen que j’aille chez nous me siffler quelques bières pis on remet ça à demain?», a demandé Gendron.

Le policier n’a pas accédé à ses requêtes, mais il l’a laissé fumer des cigarettes.

Le suspect parlait candidement de sa consommation — «une [caisse de] 24 par jour —, précisant qu’il était sur la brosse depuis une semaine».

Il a répété au sergent-détective Gagné qu’il ne savait pas où était sa conjointe, et qu’il souhaitait qu’elle revienne.

Après trois heures et demie de discussions sur une base volontaire, Gendron a été mis en état d’arrestation.

Les policiers qui fouillaient sa résidence de Belœil venaient de découvrir le corps de Mme Bau-Tremblay dissimulé dans un sac de couchage, sous un lit.

«J’ai rien fait»

«J’comprends pas moé, pantoute pantoute pantoute. Comment ça que j’suis accusé de meurtre? J’ai rien fait», a laissé tomber le suspect.

Questionné sur les motivations qui l’auraient poussé à commettre ce meurtre allégué, Alexandre Gendron a soutenu qu’il n’a «jamais planifié de tuer personne».

Le procès se poursuit lundi avec la suite de l’interrogatoire vidéo.

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