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Il aurait «choké» sa conjointe à mort par accident

 - Agence QMI

Un homme accusé du meurtre de sa conjointe enceinte a affirmé devant jury lundi matin avoir «choké» celle-ci en tentant de se défendre.

Alexandre Gendron a ainsi avoué presque candidement avoir causé la mort de Cheryl Bau-Tremblay, le 1er août 2015, à Belœil.

Celui qui est accusé du meurtre non prémédité de la femme de 29 ans témoignait pour sa défense au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Le jury chargé de son sort doit déterminer si Gendron avait l’intention de tuer sa conjointe ou s’il aurait plutôt commis un homicide involontaire.

Dans un récit expéditif et assez décousu, l’homme de 38 ans a raconté que la mort de sa conjointe, qui était enceinte de 20 semaines, est survenue lorsque celle-ci est revenue à la maison après une semaine de réflexion.

Deux caisses de 24 par jour

Le couple s’était embrouillé à cause de la consommation d’alcool de Gendron, qui pouvait ingurgiter jusqu’à deux caisses de 24 bières par jour, a-t-il souligné.

«J’ai eu des rechutes. C’est sûr que quand les gens me voyaient dehors à 6 h avec une bière et une cigarette, ils ne trouvaient pas ça drôle. C’est pas un muffin sans gluten», a illustré l’accusé, qui utilise régulièrement des analogies que son avocat doit lui demander d’expliquer.

Cheryl Bau-Tremblay aurait donc donné un ultimatum à Gendron, spécifiant qu’il devait arrêter de boire sans quoi elle le quitterait.

Lundi matin, l’accusé a affirmé qu’une chicane a éclaté lors du retour à la maison de la victime «parce que la maison était crottée».

«Je ne fais pas vraiment de ménage quand je suis paqueté», a justifié l’alcoolique.

Parfum Lacoste

Selon sa version des faits, la jeune femme était en colère, car elle croyait aussi que Gendron l’avait trompée pendant son absence.

Elle aurait tenté de lui lancer une bouteille de parfum Lacoste.

C’est en voulant l’en empêcher que l’accusé l’aurait tuée, a-t-il relaté.

«On était dans le coin [de la chambre]. Je me suis enfargé dans un sac, en même temps que je la tenais avec le bras dans les airs, pour pas qu’elle me lance l’esti de bouteille. Pis ça a comme choké», a-t-il décrit au jury et au juge de la Cour supérieure Daniel Royer.

«Badang!»

Gendron aurait ensuite lancé la jeune femme, qui n’avait plus de tonus, sur le lit, d’où elle aurait rebondi.

«Elle est tombée par terre, badang! sur le plancher de bois franc. Elle est devenue grise. J’ai viré fou et suis sorti de la chambre», a-t-il détaillé.

L’accusé aurait ensuite «perdu connaissance» à cause de sa consommation de médicaments et de GHB.

Gendron aurait par la suite dissimulé le corps de la victime dans un sac de couchage, sous le lit conjugal.

Cheryl Bau-Tremblay n’a été retrouvée que cinq jours plus tard.

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