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Un promoteur de tours de bolide aurait disparu avec leur argent

Marie-Ève Dumont | Journal de Montréal 

Courtoisie

Des clients se disent floués par un promoteur de tours de voiture de luxe qui aurait disparu avec leur argent sans qu’ils puissent conduire une Lamborghini ou une Corvette comme ils en rêvaient.

«C’est frustrant parce que tu paies pour quelque chose, mais tu n’as rien en retour. Tu ne sais même pas pourquoi, tu n’as pas de nouvelles. S’il a fait faillite, il aurait pu nous rappeler pour nous rembourser», déplore Pierre-Karl Matte, qui avait acheté un forfait à 250 $ pour faire cinq tours en Lamborghini avec son frère et son père.

La compagnie offrait la possibilité de conduire différentes voitures de luxe, comme une Lamborghini ou une Acura NSX, qui peuvent valoir quelques centaines de milliers de dollars, pendant deux, cinq ou 10 tours sur un circuit fermé à l’autodrome Saint-Eustache.

Floué deux fois

Le Journal a obtenu le témoignage de sept clients qui ont acheté un forfait à l’entreprise Jet 7 location, qui tenait un kiosque en janvier au Salon de l’auto de Montréal.

«J’adore faire des tours d’auto de luxe, mais je me dis que mon rêve est fini. Je ne ferai plus confiance à personne», dénonce François Plante, qui a payé 150 $ en argent comptant à Jet 7 location.

C’est la seconde fois que l’homme de 58 ans perd de l’argent en voulant conduire des voitures exotiques.

Il avait aussi donné 500 $ à une autre entreprise, G1 Tour, qui a fait les manchettes ces dernières années. Celle-ci a fait faillite en 2016.

Mettre en confiance

«Je suis très déçu, je me suis fait avoir. Je faisais vraiment confiance, c’était de bons vendeurs. Il y avait tout l’environnement du Salon de l’auto, la Lamborghini sur place, ça me mettait en confiance», souligne-t-il.

Les sept clients avec qui Le Journal s’est entretenu ont payé sur place de 150 $ à 400 $ et se sont fait promettre un appel en avril ou en mai, pour prévoir le jour des essais.

Mais cet appel n’est jamais venu. Ils ont tenté en vain de joindre l’entreprise.

«Le gars sur place, qui s’est présenté comme le propriétaire, nous a laissés nous asseoir dans la Lamborghini et prendre des photos. Il nous a vraiment fait croire que c’était vrai», se désole Mario Ortega, qui a déboursé 400 $ pour ses 10 tours de Lamborghini.

Pas d’adresse

Le Journal a appelé l’entreprise, mais un message automatisé nous informe que le numéro n’est pas attribué.

L’adresse inscrite sur le registre des entreprises ainsi que celle sur le site de l’Office de la protection du consommateur n’est pas non plus celle de la compagnie. Les locaux, eux, sont loués par le bureau d’un ordre professionnel, selon ce qu’indique le panneau à l’entrée de l’édifice du quartier industriel de Saint-Mathieu-de-Belœil.

Sur les comptes des réseaux sociaux qui semblent appartenir à l’entreprise, on trouve des messages de clients en colère.

Le Journal n’a donc pas non plus été en mesure de joindre le propriétaire de Jet 7 location, Marc-André Duclos, pour lui demander sa version des faits.

C’est possible de se faire rembourser

Les clients qui ont payé les tours de voiture de luxe avec leur carte de crédit devraient tenter de se faire rembourser par leur compagnie de crédit, estime l’Office de la protection du consommateur (OPC).

«La plupart des émetteurs prévoient, dans leurs conditions d’utilisation, des protections pour leurs clients dans le cas où le service pour lequel ils ont payé ne leur serait pas rendu», mentionne Charles Tanguay, porte-parole de l’OPC.

Des plaintes

L’organisation a reçu six plaintes de consommateurs au sujet de cette entreprise, parmi lesquels cinq auraient acheté un forfait au Salon de l’auto.

«Chaque fois que vous payez à l’avance une entreprise pour un service à venir, le montant de ce paiement peut être à risque dans le cas d’une fermeture ou d’une faillite», précise M. Tanguay.

«Dans le cas d’un achat payé comptant, il est probable que la somme soit perdue si le commerçant a effectivement fermé ses portes», précise le porte-parole­­­. Même si l’entreprise n’est pas joignable, Jet 7 location n’a pas fait faillite, selon le Bureau du surintendant aux faillites.

La compagnie utiliserait aussi les noms Exotique Montréal (Exotic Mtl), Location exotique MTL (Exotic MTL rental) de même que Tours de piste exotique (Exotic laps), selon le registre des entreprises.

Beaucoup d’appels

Le Salon de l’auto de Mont­réal a mentionné avoir reçu une vingtaine d’appels ou de courriels de la part de clients inquiets de ne pas avoir de nouvelles de Jet 7 location.

La porte-parole s’est dite très « empathique » à l’égard des gens qui ont payé pour un service qui ne leur sera finalement pas rendu, mais a rappelé que le Salon de l’auto ne peut malheureusement rien faire.

«L’entreprise était présente pour une deuxième année. On ne pouvait pas prévoir qu’elle mettrait la clé sous la porte quelques mois après le salon. Nous allons cependant être plus vigilants concernant les entreprises qui offrent ce genre de services», assure Tamar Kantarjian.

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