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Trudeau condamne la séparation de familles de migrants aux États-Unis

Justin Trudeau a finalement condamné la pratique d’arracher des enfants à leurs parents mise en place par l’administration américaine à sa frontière avec le Mexique.

«Ce qui se passe aux États-Unis est inacceptable. Je ne peux pas imaginer ce que ces familles sont en train de vivre. Évidemment, ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses au Canada», a déclaré le premier ministre du Canada à son arrivée à la rencontre du caucus libéral, mercredi matin.

 

Des images d’enfants dans des cages circulent depuis quelques jours aux États-Unis.

Des extraits audio de bambins qui pleurent pour retrouver leurs parents ont également fuité dans les médias. La politique de «tolérance zéro» mise en place par le président Donald Trump envers les familles de migrants qui arrivent en provenance du Mexique s’est attiré les foudres tant aux États-Unis qu’à l’international.

Elle a notamment été condamnée par les Nations unies. Auparavant, les autorités américaines appréhendaient les demandeurs d’asile et les dirigeaient vers un juge de l’immigration qui évaluait la validité de leur requête. Les familles attendaient ce processus ensemble.

L’administration Trump a choisi de traiter l’entrée sans visa comme un crime et d’envoyer systématiquement les adultes dans des prisons fédérales, où les enfants ne peuvent pas les rejoindre. Selon les chiffres des services frontaliers américains, un peu plus de 2300 mineurs ont été séparés de leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin. Lundi aux Communes, Justin Trudeau avait refusé de commenter ce dossier, ne voulant pas «jouer à la politique» sur cet enjeu.

À la lumière des révélations sur les séparations de familles, le Nouveau Parti démocratique (NPD) est revenu à la charge cette semaine pour qu’Ottawa suspende l’entente sur les tiers pays sûrs. «Le Canada ne doit pas être complice de ces traitements inhumains», a commenté la néodémocrate Jenny Kwan mardi.

L’entente sur les tiers pays sûrs fait en sorte qu’un migrant en provenance des États-Unis ne peut présenter une demande d’asile au Canada à un poste-frontière régulier. Il doit le faire dans le premier pays sûr où il met les pieds, donc en sol américain. Pour l’heure, le gouvernement canadien considère toujours les États-Unis comme un pays sûr. Les conservateurs, qui souhaitent renforcer l’entente sur les tiers pays sûrs pour prévenir les passages illégaux à la frontière, ont critiqué bien timidement la politique américaine.

«Comme humain, on ne peut pas rester insensible», a commenté mercredi matin le député conservateur, Gérard Deltell, précisant toutefois que le gouvernement fédéral devait garder une certaine réserve par rapport à cet enjeu. Son parti refuse de dire qu’il n’est pas sécuritaire de renvoyer une famille aux États-Unis.

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