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«Je regrette atrocement ce que j’ai fait»

Kathleen Frenette | Agence QMI

Le tueur de la mosquée de Québec Alexandre Bissonnette a exprimé ses remords lors des audiences pour fixer sa peine, au palais de justice de Québec, jeudi.

«Je voudrais réitérer que j’ai honte et que je regrette atrocement ce que j’ai fait», a-t-il mentionné.

«Je le regrette depuis janvier 2017. Quand j’étais très jeune, j’avais des rêves pour le futur. J’ai toujours eu mon frère jumeau. Avant, je riais beaucoup, comme à cet âge on rit. Je regrette que ma vie ait été la cause de tant de souffrance et de peine. Pour autant de personnes.»

«J’aimerais peut-être avoir une lueur d’espoir au bout du long tunnel noir dans lequel je me suis perdu le 29 janvier. Merci de m’avoir laissé parler», a ajouté Bissonnette.

Le 2 décembre 2011, la Loi protégeant les Canadiens en mettant fin aux peines à rabais en cas de meurtres multiples est entrée en vigueur.

 

Depuis, pour chaque personne qui commet plus d’un meurtre, le juge du procès peut décider que les périodes d’éligibilité à la libération conditionnelle seront consécutives.

«Il s’agit d’un débat social où la ligne est mince entre le législatif et les opportunités législatives. Quand on vous dit, par exemple, que le titre de la Loi est frappant, qu’“avant, c’était mieux”, que vous avez les mains liées, cela s’attache à l’opportunité législative», a mentionné d’entrée de jeu le procureur Jean-François Paré qui a pour rôle de convaincre le magistrat de la validité de la disposition entrée en vigueur il y a un peu plus de six ans.

«Selon nous, votre pouvoir discrétionnaire est total et complet puisque vous pouvez décider de ne pas l’appliquer tout simplement», a ajouté l’avocat.

Il a également touché la notion de «l’espoir», fortement mise de l’avant, mercredi, par les avocats d’Alexandre Bissonnette.

«Ainsi, bien que l’espoir de libération puisse être un élément pris en considération, il ne s’agit pas d’un principe juridique établissant que toute peine doit être établie de façon à préserver l’espoir d’un contrevenant de pouvoir avoir la possibilité de faire une demande de libération conditionnelle», a ajouté Jean-François Paré.


Dans 25 ans, Alexandre Bissonnette, qui a déjà reconnu avoir pris la vie de 6 hommes fréquentant la grande mosquée de Québec et a attenté à la vie de 40 autres le 29 janvier 2017, aura 53 ans.

Si le juge François Huot imposait une peine consécutive de 50 ans, Bissonnette pourrait espérer revoir la lumière du jour à 77 ans.

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