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L’attaque contre le journal était ciblée

Agence France-Presse

La fusillade qui a éclaté jeudi dans un journal américain à Annapolis au Maryland ayant fait cinq morts est une «attaque ciblée contre le Capital Gazette», a déclaré Bill Krampf, un responsable de la police locale. Le journal d'Annapolis avait reçu des menaces sur les réseaux sociaux, a-t-il aussi indiqué.

L'auteur présumé approche la quarantaine et réside dans cet État de la côte est, selon les autorités.

«Je ne peux pas vous confirmer s'il connaissait ou non des employés ou s'il a simplement ciblé l'entreprise en général», a ajouté M. Krampf, précisant qu'il ne pouvait, pour l'instant, donner son identité.

 Selon plusieurs médias américains, il s'agit de Jarrod Ramos, un habitant du Maryland de 38 ans. Certains ont indiqué qu'il avait poursuivi en justice le journal.

Un article du Capital Gazette, posté sur son site internet le 22 septembre 2015 et consulté jeudi par l'AFP, mentionne une décision favorable au quotidien dans le cas de poursuites en diffamation lancées en 2011 par Jarrod Ramos, résidant à Laurel, au Maryland «à la suite d'un article sur un harcèlement». Elle a été confirmée en appel.
 

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Quatre victimes sont mortes sur les lieux de la fusillade et la cinquième est décédée à l'hôpital, a expliqué Steven R. Schuh, un responsable du comté d'Anne Arundel, à une heure de route de la capitale fédérale Washington.

Il y a «deux autres, peut-être trois blessés moins gravement», a-t-il précisé à la presse.

Selon le Baltimore Sun, propriétaire du Capital Gazette depuis 2014, la fusillade a commencé à 14h40 locales.

L'un des journalistes présents au moment des faits en a fait le récit dans une série de messages du Twitter.

«Un tireur a ouvert le feu à mon travail, plusieurs personnes sont mortes», a écrit Phil Davis. «Le tireur a tiré à travers la porte en verre du bureau et a ouvert le feu sur plusieurs employés», a-t-il ajouté.

«Il n'y a rien de plus terrifiant que d'entendre plusieurs personnes se faire tirer dessus alors que vous êtes caché sous votre bureau et que vous entendez le tireur recharger son arme», a-t-il également raconté alors qu'il se trouvait dans les locaux de la police, attendant d'être interrogé par les enquêteurs.

Le Capital Gazette est un petit journal qui a été créé en 1727. Il emploie six reporters, deux photographes et 5 secrétaires de rédaction. Ses locaux sont protégés par une porte fermée en permanence, a dit à l'AFP sur place un de ses journalistes.

Le quartier a été bouclé par de nombreuses voitures de police dans cette petite ville de la côte est des États-Unis connues pour ses bâtiments historiques, ont constaté des journalistes de l'AFP. La cité est aussi le siège de l'académie de la Marine.

Le journal partage cet immeuble avec d'autres entreprises. Il a été rapidement évacué, les rescapés ont été mis en sécurité, et les locaux entièrement fouillés par la police.

Les chaînes de télévision locales montraient un quartier bouclé par de nombreuses voitures de police dans cette petite ville de la côte est des États-Unis connues pour ses bâtiments historiques.

La Maison-Blanche a fait savoir de son côté que le président américain Donald Trump avait été informé de la situation à Annapolis, comme il est d'usage lors de grosses fusillades.

«J'ai été informé de la fusillade au Capital Gazette d'Annapolis, dans le Maryland. Mes pensées et prières accompagnent les victimes et leurs familles. Merci aux premiers secours qui sont actuellement sur place», a tweeté le président Trump.

Harry Logan, le gouverneur du Maryland, a réagi en se disant «totalement dévasté par cette tragédie».

Des mots de circonstances qui sont répétés lors des fusillades qui endeuillent régulièrement les États-Unis. Ces derniers mois, ce sont surtout dans des lycées, en Floride ou plus récemment au Texas, que des tireurs ont fait parler les armes.

La multiplication de ces tueries suscite un débat récurrent sur la dissémination des armes à feu dans le pays. Le port d'une arme à feu aux États-Unis est un droit garanti par la Constitution.

Il est extrêmement rare que des fusillades de ce type se produisent dans des rédactions de journaux. À New York, un porte-parole de la police a annoncé que des agents avaient été déployés par précaution dans les principaux médias de la ville.

En 2015 cependant, Alison Parker, journaliste d'une chaîne locale de l'État de Virginie de 24 ans avait été tuée en compagnie de son cameraman Adam Ward par un homme qui avait fait irruption sur le plateau de son émission en direct.

«Toute attaque armée comme celle-là est atroce, mais quand elle se déroule dans un lieu de journalisme, c'est particulièrement révoltant et cela me renvoie aux souvenirs de ce jour tragique», a déclaré à l'AFP son père Andy Parker.

L'Organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) s'est dite «profondément choquée» par la fusillade.

«C'est une nouvelle tragédie pour le journalisme, victime d'une violence accrue contre les journalistes y compris dans les démocraties», a réagi son secrétaire général, Christophe Deloire, dans un communiqué.

 

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