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Un avocat démissionne et accuse le fédéral d’ingérence

Une nouvelle démission secoue l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

L’avocat Breen Ouellette a claqué la porte de la commission en fin de semaine, accusant le gouvernement fédéral d’ingérence.

«Je crois que le gouvernement du Canada a miné l’indépendance et l’impartialité de l’enquête nationale. Je ne peux plus faire partie d’un processus qui se dirige tout droit vers l’échec», a-t-il écrit dans un communiqué.

L’avocat métis travaillait comme conseiller juridique depuis avril 2017 pour l’enquête, à ses bureaux de Vancouver, en Colombie-Britannique.

Pour des raisons de confidentialité, M. Ouellette a dit ne pas pouvoir expliquer plus en détail les raisons qui motivent son départ. Il affirme notamment que des fonctionnaires fédéraux bloquent des enquêtes sur les enfants autochtones placés en famille d’accueil.

Il souhaiterait que la commission lève certaines exigences de confidentialité pour pouvoir se justifier et, surtout, aider à faire comprendre d’autres départs «inexpliqués» en haut lieu.

De son côté, l’Enquête a confirmé la démission de l’avocat, tout en rappelant être «un organisme indépendant et impartial».

«Comme vous le savez, on observe du mouvement de personnel dans toutes les organisations. Cette réalité peut être amplifiée dans les organisations traitant de questions très prenantes émotionnellement et qui demandent régulièrement d’accomplir des heures supplémentaires, comme c’est le cas à l’Enquête nationale», a-t-on fait savoir dans un communiqué.

Au ministère des Relations Couronne-autochtones, on se défend de toute ingérence. «Le gouvernement fédéral n’a jamais, ni d’aucune façon, limité les pouvoirs des commissaires dans la collecte d’éléments de preuve», a assuré le bureau de la ministre Carolyn Bennett.

Dénonçant un processus de consultation inadéquat, de nombreux membres du personnel ont démissionné depuis le début des travaux de l’enquête à l’automne 2016.

Au début du mois de juin, le refus du fédéral de prolonger de deux ans le mandat de l’enquête avait soulevé l’indignation des commissaires. Le gouvernement ne leur a accordé que six mois supplémentaires.

Dans la foulée, la commissaire Michèle Audette avait menacé de partir, avant de se raviser.

L’enquête doit remettre son rapport final le 30 avril 2019.

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