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Mort dans des «conditions exécrables» à Sacré-Coeur

TVA Nouvelles

Avec la canicule qui frappe le sud du Québec, la condition de nombreux patients hospitalisés à Montréal s'aggrave.

C'est notamment le cas à l'hôpital du Sacré-Cœur. Le mari de Liette Désormeaux, Sylvain Palardy, y est décédé lundi soir d’un cancer du cerveau à l’âge de 59 ans. Le patient est entré par les urgences et il a été hospitalisé au quatrième étage de l’établissement, qui ne dispose plus d’unité de soins palliatifs depuis quelques années.

Dans la pièce, où il faisait environ 40 °C,  il n’y avait aucune climatisation ni même de ventilateur, déplore Mme Désormeaux. Elle a donc décidé d’apporter ses propres ventilateurs afin de rafraîchir son mari en phase terminale. Elle a d’ailleurs fait parvenir une vidéo à TVA Nouvelles dans laquelle elle dénonce les «conditions exécrables» de l’hôpital.

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M. Palardy n’a pas eu droit à une chambre privée immédiatement, même si la loi l’exige pour les patients qui sont en fin de vie. Il a été hospitalisé dans une chambre du quatrième étage avec un autre patient, puis a été transféré le lendemain dans une chambre privée ou la chaleur était suffocante.

«Ça n’a comme pas de sens d’avoir eu une fin de vie comme ça, déclare-t-elle en entrevue. C’est même moi qui ai fourni les meubles! Je n’avais pas de chaise! J’ai apporté mes chaises. J’ai apporté mes ventilateurs! Le lit était cassé! Ça n’avait pas de sens! C’est même moi qui ai nettoyé les toilettes parce qu’elles étaient toutes dégueulasses!»

Liette Désormeaux dit avoir été profondément marquée par ce qu’elle a vécu dans cet hôpital.

«Ça va me rester gravé dans la mémoire tout le temps, affirme-t-elle. Même je pense peut-être poursuivre l’hôpital pour les séquelles qu’ils m’ont laissées psychologiquement.»

«Panneaux électriques à pleine capacité»

Contactée par TVA Nouvelles, la direction de l’hôpital a accepté de réagir à cette situation particulière en proposant de faire l'entrevue non pas aux soins palliatifs mais un étage plus bas.

«Nos panneaux électriques présentement sont à pleine capacité (...) D’ici zéro à cinq ans, nous devrions être en mesure d’offrir de la climatisation dans les différentes chambres», a fait savoir le directeur des services techniques de l’Hôpital du Sacré-Cœur, Frédéric Cossette.

«Notre mission, c’est de faire le mieux avec ce que l’on a. En ce moment, ce qu’on a, c’est nos infirmières qui sont dévouées, nos préposés», a ajouté la directrice des services professionnels de l’Hôpital du Sacré-Cœur, la docteure Josée Savoie.

Situation similiaire

La mère de Jessica Labelle, Josée Richard, est hospitalisée dans les mêmes conditions. La femme de 51 ans a un cancer du foie en phase terminale. Eux aussi ont dû apporter leur ventilateur.

«Toute personne en fin de vie devrait avoir la chance d'avoir... une petite place juste pour elle, pas la chaleur!», dit Jessica.

Deux poids deux mesures?

Le Conseil de la protection des malades soutient qu’il y a deux poids deux mesures dans le système de santé, notamment en ce qui a trait aux conditions des patients et des administrateurs.

«Ironiquement, malgré le fait qu’on nous dise qu’il y a des édifices qui sont très vétustes, comment a-t-on pu, miraculeusement, trouver le moyen de climatiser toujours les bureaux de ces mêmes établissements vétustes-là?» demande le président du Conseil, Paul Brunet.

Lundi, TVA Nouvelles rapportait également l’histoire d’un homme de 78 ans en phase terminale hospitalisé lui aussi sur le même étage à l’hôpital Sacré-Cœur. Sa fille dénonçait la chaleur suffocante dans les chambres.

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