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Plus de blessures chez les ados pendant la Coupe du monde

Nadia Lemieux | Agence QMI

 - Agence QMI

Inspirés par les prouesses de Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et autres vedettes du soccer pendant la Coupe du monde de la FIFA, les adolescents montréalais qui participent à des matchs improvisés ont plus de risques de se blesser.

Entre 1999 et 2014, les périodes lors desquelles se déroulait la Coupe du monde de la FIFA ont été accompagnées d’une hausse de l’affluence des adolescents blessés pendant un match de soccer improvisé dans les urgences du CHU Sainte-Justine et de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

C’est ce que rapporte une étude réalisée par une chercheuse de McGill et publiée à la fin de 2017 dans le Journal of Pediatrics and Child Health.

Chez les garçons de 13 à 16 ans, une augmentation de 17,2 % du nombre de blessures subies lors de parties informelles a été enregistrée lors des mois où avait lieu cet évènement sportif d’envergure.

Ces jeunes ont été soignés pour toutes sortes de blessures, dont des fractures aux bras, genoux ou chevilles et des commotions cérébrales.

«La sévérité semblait légèrement augmentée chez les garçons qui participaient au soccer non organisé. Lors d'événements majeurs de la FIFA, il y a un petit peu plus de blessures qui ont besoin de plus de suivi», explique la professeure à l’école de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill et auteure de l’étude, Isabelle Gagnon.

Du côté des filles, la Coupe du monde de la FIFA ne semble pas avoir eu une influence, puisque le nombre de blessures est demeuré stable.

«Les garçons semblent être influencés par la FIFA dans le sens où ils vont plus décider d’aller au parc pour faire une partie pendant la Coupe du monde», indique Mme Gagnon.

Contact

Comme les matchs improvisés et informels ne sont pas supervisés et réglementés, il est plus facile de se blesser, remarque Isabelle Gagnon.

«[Les jeunes] essaient des trucs qu’on voit à la télé, mais qui ne sont pas toujours de qualité au niveau de l’esprit sportif. La tête est beaucoup plus utilisée à la télé que dans les matchs organisés et il y a aussi beaucoup plus de contacts», fait-elle valoir.

Les jeunes qui se sont présentés à l’urgence après des matchs improvisés s’étaient souvent blessés au contact d’autres joueurs. «C’est peut-être parce qu’ils essaient des choses à plus haute vélocité, des choses qu’ils ne feraient pas autrement et qu’ils n’ont probablement pas le droit de faire au soccer organisé», mentionne Mme Gagnon.