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EN VIDÉO | «Les pauvres veulent être capables de manger!»

La hausse du prix des carburants décrétée à Haïti a des conséquences désastreuses sur les prix des nombreuses denrées et biens de consommation, selon des manifestants qui ont lancé un cri du cœur devant les caméras.

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Les contestataires dénoncent dans les rues cette hausse de près de 38% du carburant qui a des répercussions dramatiques pour les familles pauvres.

Les manifestants réclament le départ du président haïtien, Jovenel Moise.

Malgré la suspension de la hausse du prix de l’essence, annoncée samedi, les manifestations et violences se sont poursuivies dimanche, et deux jours de grève générale sont prévus dès lundi.

«Je suis ici depuis 7 heures ce matin. J’ai une femme et des enfants. (En s’adressant au président Jovenel Moise) : ‘’Regarde de quelle façon les voitures des gens pauvres brûlent. Les prix des produits au marché grimpent. Si tu vas en Jamaïque et tu reviens, tu vas voir de quelle façon les choses vont mal au pays. Tu dois écouter les gens et annuler la hausse des prix des carburants’’», lance un Haïtien à la caméra.

Un autre manifestant a littéralement déchargé sa colère devant l’objectif d’une caméra de Reuters.

«Aujourd’hui les prix des carburants augmentent!  Aujourd’hui le prix du dollar américain augmente! Les enfants des personnes pauvres ne peuvent aller à l’école! Le prix du gaz est en hausse, et le prix des autres marchandises aussi. Les pauvres veulent être capables de manger! Le prix du riz, de l’huile de cuisson, tout augmente! Le président Jovenel travaille pour les impérialistes. Il ne fonctionne que pour les Américains. Les Américains n’ont jamais été favorables à l’indépendance d’Haïti. Haïti n'est plus pour les petites gens. Je veux dire à Jovenel qu'Haïti n'est pas pour lui et sa famille. Haïti est pour chaque Haïtien. Il doit quitter le pays et quitter le pays pour nous permettre de vivre!», a-t-il lancé dans un vibrant cri du cœur.

Les pillages dimanche ont eu lieu au coeur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas, ont rapporté des journalistes de l'AFP. En périphérie de Port-au-Prince, quelques groupes s'attelaient à construire de nouvelles barricades.

Près d'un des nombreux commerces pillés et incendiés, Alphonse Charles prend quelques photos de ce qui reste de sa voiture.

«J'accuse le coup mais c'est la réalité du pays: dès lors qu'on vit en Haïti on est fâché, frustré face à la façon dont les choses sont gérées par les politiciens, dit-il calmement devant la carcasse brûlée de son véhicule. Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement.»

Vols suspendus

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols samedi et dimanche matin, avec possibilité de prolongation pour l'après-midi faute de personnel pouvant se déplacer pour assurer leurs services à l'aéroport Toussaint Louverture.

Malgré tout, les habitants essayaient de revenir à une vie normale.

Beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont repris leur place sur les trottoirs et les taxis-motos étaient de retour à leurs carrefours habituels, même si les clients se faisaient rares. Quelques voitures tentaient de se frayer un passage au milieu des rues encore chargées de barricades.

Vendredi, les autorités avaient annoncé une augmentation des prix de l'essence de 38%, de celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l'État.

L'annonce a déclenché des violences meurtrières et samedi après-midi, le premier ministre Jack Guy Lafontant a annoncé la suspension de la mesure «jusqu'à nouvel ordre».

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