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Bientôt la fin des motos bruyantes?

TVA Nouvelles

Les amateurs de motos bruyantes pourraient bien devoir trouver autre chose pour se gâter, alors que les policiers devraient prochainement se doter de sonomètres pour mesurer les décibels émis par leur monture.

Un projet-pilote qui a permis d’évaluer l’utilisation d’un sonomètre pendant 5 ans a pris fin en mai dernier, et s’est avéré concluant, selon la Société d’assurance automobile du Québec.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est que modifier le pot d’échappement d’un véhicule, c’est illégal», explique le porte-parole Gino Desrosiers. Les policiers utilisaient donc ce qui est communément appelé le «test de la broche» pour vérifier les cloisons à l’intérieur. «Si la tige bloquait, le véhicule était conforme; si elle passait, c’est qu’on avait enlevé les cloisons», a-t-il poursuivi.

Avec les innovations technologiques, cependant, ce test n’était plus suffisamment fiable considérant que des véhicules pourtant conformes laissaient tout de même passer la fameuse broche.

«Les policiers avaient demandé des systèmes plus précis», d’où l’avènement du sonomètre. Les conducteurs de motos qui soulèvent des doutes sont donc invités à faire tourner leur moteur à une certaine intensité pour recréer ce qui se passe quand elles circulent. «Si ça dépasse les normes (qui sont de 100 décibels maximum, tant pour les motos que les voitures), une contravention est émise; sinon, le motocycliste repart.»

Quelque 3000 motos ont passé le test depuis 2013. Sur le lot, 1230 ont mené à l'émission de billets d'infraction s'élevant entre 200 et 300$.

«Les motos vont continuer à être assez bruyantes et audibles dans la circulation, prévient le professeur de génie mécanique André Lévesque, qui a pris part au projet-pilote. Mais celles qui sont vraiment excessivement bruyantes vont pouvoir être éliminées.»

Maintenant, l’adoption officielle du règlement doit se faire par décret ministériel. Le Code de la sécurité routière a pour sa part déjà été modifié en conséquence.

«Si tout se passe bien, pour la saison 2019, ça va être légal pour les policiers de faire des tests par sonomètre», indique M. Desrosiers.

En ce qui concerne les corps de police qui ont laissé tomber le projet-pilote en cours de route – soit 9 sur les 15 au départ-,  le porte-parole de la SAAQ n’y voit pas un désaveu du sonomètre et estime que c’est attribuable à une «question d’espace et de ressources humaines», rien qui ne pourrait se régler avec davantage de planification.

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