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Hydro-Québec

Un parc éolien à 3 millions $ par emploi créé par année

Pierre Couture | Le Journal de Montréal

Le projet du parc éolien Apuiat est au point mort depuis deux ans. D’intenses discussions sont toujours en cours entre Hydro-Québec et les promoteurs du parc éolien (Boralex, la Nation innue et la Société renouvelable Canada). Sur la photo, le directeur du développement du projet pour Boralex, Raphael Bourrellis, lors d’une présentation YouTube.

capture d'écran YouTube

Le projet du parc éolien Apuiat est au point mort depuis deux ans. D’intenses discussions sont toujours en cours entre Hydro-Québec et les promoteurs du parc éolien (Boralex, la Nation innue et la Société renouvelable Canada). Sur la photo, le directeur du développement du projet pour Boralex, Raphael Bourrellis, lors d’une présentation YouTube.

La construction d’un parc éolien de 200 mégawatts (MW) sur la Côte-Nord pourrait se traduire par une subvention de 3 millions $ par année pour chaque emploi créé pendant 25 ans.

Selon les calculs effectués par Le Journal de Montréal, la note s’annonce salée pour les 200 MW d’électricité qu’Hydro-Québec aura à acheter pendant 25 ans aux promoteurs du parc éolien Apuiat sur le territoire de Port-Cartier.

La facture d’électricité estimée à plus de 1,5 milliard $ sur 25 ans permettra la création de 200 emplois durant la construction du parc éolien et de 12 emplois permanents par la suite.

«On parle bel et bien de l’équivalent d’une subvention de 3 millions $ par an par emploi créé, et ce, pendant 25 ans», a confirmé au Journal de Montréal une source gouvernementale bien au fait du dossier.

«C’est un projet purement électoraliste. Hydro-Québec n’a pas besoin de cette énergie», soutient le professeur titulaire à l’Université de Montréal et directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier, Normand Mousseau.

Selon ce dernier, le modèle de développement éolien mis de l’avant par le gouvernement du Québec depuis 2008 ne tient pas la route. «L’industrie éolienne que l’on a créée ne peut survivre que si on continue d’ajouter des turbines même si on n’en a pas besoin. C’est un système mal foutu», a fait valoir mercredi l’expert en énergie.

Au neutre

Le projet du parc éolien Apuiat est au point mort depuis deux ans alors que le gouvernement Couillard veut l’imposer à Hydro-Québec.

Alors qu’elle vend chaque kilowattheure un peu plus de sept cents en moyenne à ses clients résidentiels québécois, Hydro-Québec pourrait devoir payer 11,5 cents en moyenne (en dollar courant) sur 25 ans à ces promoteurs, en incluant les frais de branchement à son réseau.

Boralex le grand gagnant

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on est d’avis que le projet est trop «politique» pour aller de l’avant. «Pour 20 emplois subventionnés à 3 millions $ par an pendant 25 ans, on ne peut pas appeler cela de la création d’emploi. C’est totalement irresponsable et inacceptable», croit la députée de la CAQ, Chantale Soucy. D’après la critique caquiste en matière d’énergie, le seul gagnant de ce projet sera le promoteur Boralex qui empochera une bonne partie des revenus. «Le grand gagnant, c’est Boralex. Pas les 20 emplois créés», a-t-elle dit.

Chez Boralex, on soutient que le parc éolien sera la propriété de la Nation innue et de Boralex dans une proportion de 50 % chacun.

Comme le rappelait récemment la vérificatrice générale Guylaine Leclerc, les achats d’électricité éolienne inutiles imposés par le gouvernement à Hydro ont coûté jusqu’à présent 2,5 milliards $ aux contribuables québécois entre 2009 et 2016.

Parc éolien Apuiat

Promoteurs: Boralex, Nation innue et Société renouvelable Canada

Lieu: Territoire de Port-Cartier

Nombre d’éoliennes: 57

Puissance: 200 mégawatts (MW)

Coût du projet: 600 millions $

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